Prisonnier de guerre

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Prisonniers de guerre austro-hongrois en Russie en 1915 (photo de Prokudin-Gorskii) guerre du golfe de 1991 Un prisonnier de guerre (en anglais : prisoner of war, POW, PoW, or PW) est un combattant qui est emprisonné par une puissance ennemie en temps de guerre ou juste immédiatement après la fin d'un conflit armé. Des traités internationaux imposent de traiter de manière humaine les prisonniers de guerre. Ils s'appliquent dès la capture des pr
Prisonnier de guerre

Prisonniers de guerre austro-hongrois en Russie en 1915 (photo de Prokudin-Gorskii) guerre du golfe de 1991 Un prisonnier de guerre (en anglais : prisoner of war, POW, PoW, or PW) est un combattant qui est emprisonné par une puissance ennemie en temps de guerre ou juste immédiatement après la fin d'un conflit armé. Des traités internationaux imposent de traiter de manière humaine les prisonniers de guerre. Ils s'appliquent dès la capture des prisonniers jusqu'à leur libération ou leur rapatriement. Une des dispositions principales de ces conventions interdit la torture des prisonniers et stipule qu'on ne peut demander à un prisonnier que son nom, sa date de naissance, ses grades et numéro d'identité militaire. L'article 4 de la troisième Convention de Genève protège les militaires capturés, certains guérilléros et miliciens ainsi que certains civils. Le statut des prisonniers ne couvre pas les non-combattants non-armés qui sont capturés en temps de guerre. Ces derniers sont protégés par la quatrième Convention de Genève.

Qualification comme prisonnier de guerre

En principe, pour bénéficier du statut de prisonnier de guerre, le prisonnier doit avoir opéré selon les lois de la guerre, c'est-à-dire qu'il doit dépendre d'une chaîne de commandement, porter un uniforme ou un signe distinctif et montrer ouvertement ses armes. Aussi, les franc-tireurs, les terroristes et les espions en sont exclus. En pratique, ces critères ne sont pas toujours strictement appliqués. Par exemple, les membres de guérillas ne portent souvent pas d'uniforme ni ne portent ouvertement d'armes, mais bénéficient parfois du statut de prisonnier de guerre quand ils sont capturés. Cependant, les guérilleros ou les autres combattants peuvent ne pas bénéficier de ce statut s'ils tentent d'utiliser à la fois les statuts militaire et civil. Aussi est-il important de porter un uniforme (ou au moins un badge dans le cas des guérillas) en temps de guerre.

Traitement des prisonniers

Le traitement des prisonniers de guerre peut dépendre des ressources, des considérations sociales et des politiques des gouvernements et des militaires en question. Par exemple, durant la Seconde Guerre mondiale, les prisonniers soviétiques de l'Allemagne nazie et les prisonniers allemands de l'Union soviétique furent souvent traités négligemment ou avec brutalité. Le régime nazi considérait les prisonniers soviétiques comme des sous-hommes, aussi de nombreux prisonniers soviétiques furent l'objet de travaux forcés ou furent assassinés en application de la politique de purification raciale du IIIe Reich. Un prisonnier soviétique qui survécut à Auschwitz était le père du président ukrainien Viktor Iouchtchenko. La justification officielle des Allemands était le fait que l'Union Soviétique n'avait pas signé la Convention de Genève. Les prisonniers britanniques et américains étaient généralement mieux traités par les Allemands. Du côté soviétique, les prisonniers de guerre allemands étaient considérés comme ayant perdu leur droit à un traitement juste et équitable du fait des crimes massifs commis contre les civils soviétiques durant l'invasion allemande. De plus, comme la majeure partie de la force de travail soviétique était désormais aux mains de l'Allemagne, les prisonniers de guerre allemands furent utilisés comme main-d'œuvre forcée (de la même manière qu'étaient traités les civils soviétiques arrêtés pour des crimes de droit politique ou politiques). On sait assez peu que les prisonniers de guerre, même protégés par la Convention de Genève, condamnés par les tribunaux militaires allemands (pour insubordination, rapports avec des femmes allemandes ou faits de droit commun), furent emmenés dans des camps ou des forteresses au régime "paraconcentrationnaire" comme par exemple la forteresse de Graudenz. Sur le théâtre du Pacifique, certains des traitements les plus inhumains furent appliqués par les Japonais. Les prisonniers détenus par les forces japonaises étaient soumis à des traitements brutaux, y compris le travail forcé, la privation de nourriture, le passage à tabac après les tentatives de fuite ainsi que le refus de tout traitement médical. Alors que les prisonniers de guerre alliés avait un taux de mortalité d'environ 2 % à 4 % dans les camps de prisonniers allemands, ce taux était généralement de 20 % à 30 % dans les camps japonais. Cela était dû pour une part aux maltraitances physiques des Japonais, mais la situation était aggravée par la malnutrition et l'absence de médicaments, en particulier contre la malaria. De même, durant la guerre d'Indochine et la guerre du Viêt Nam, les soldats français et américains capturés par la République démocratique du Viêt Nam étaient souvent tabassés et torturés en violation de leur statut de prisonniers de guerre. Des traitements similaires furent imposés par les forces irakiennes et américaines durant la guerre du Golfe, l'invasion de l'Afghanistan, et l'invasion de l'Irak de 2003. Après la chute du régime de Saddam Hussein, les forces américaines furent mal perçues du fait des preuves d'abus contre les prisonniers de guerre. Les États-Unis utilisèrent le terme de prisonniers de guerre ennemis (EPW) pour les forces hostiles, réservant le terme de prisonniers de guerre pour leurs propres troupes ou leurs alliés.

Prisonniers lors de la Première Guerre mondiale

Si les camps de prisonniers de la Second Guerre mondiale sont connus, ceux de la Première le sont moins. Le nombre de prisonniers de la guerrre 14-18 était pourtant très élevé. Un peu plus de 6.600.000 soldats ont été faits prisonniers lors du conflit dont 2.250.000 par l'Allemagne. Peu à peu l'on redécouvre ce qu'ont été ces camps où la dénutrition, les punitions et le harcèlement moral ont été les piliers et dont le nombre s'élevait à environ 300. Le retour de la plupart des prisonniers en 1919 s'est fait dans de telles conditions (beaucoup de prisonniers sont revenus par leurs propres moyens) et la société s'est si peu préoccupée d'eux qu'ils sont peu à peu tombés dans l'oubli, contrairement au Poilu victorieux.

Définitions alternatives

Certains groupes définissent les prisonniers de guerre en fonction de leur politique intérieure. Puisque les droits des prisonniers de guerre, garantis par les gouvernements, sont le résultat de traités multilatéraux, ces définitions n'ont pas de valeur légale et ceux qui réclament des droits du fait de ces définitions seraient considérés comme des criminels de droit commun s'ils avaient été arrêtés selon les lois d'autres juridictions. Il faut cependant noter que dans certains cas, ces groupes ne demandent pas de tels droits.

Prisonniers depuis la Convention de Genève (1929)

Liste des nations ayant le plus grand nombre de prisonniers de guerre dans les guerres ayant eu lieu depuis la prise d'effet de la première Convention de Genève en 1929. L'URSS n'avait pas signé la Convention de Genève. Clark.
- Il n'existe actuellement pas d'estimation fiable ou neutre. (
-) Les prisonniers de guerre de l'armée belge maintenus en Allemagne furent exclusivement wallons sauf les officiers et sous-officiers d'active flamands.

Liste de prisonniers célèbres

Voici une liste de prisonniers qui ont connu une certaine célébrité du fait de cette expérience:
-Paul Biron
-Charles de Gaulle
-Robert d'Harcourt
-Friedrich Paulus
-Gaston Riou
-Jacques Rivière
-Kazuo Sakamaki
-Walther von Seydlitz-Kurzbach
-Laurens van der Post
-General Yahya Khan
-Jonathan Mayhew Wainwright IV

Documentaires sur les prisonniers

-Les histoires de plusieurs pilotes américains abattus au-dessus du Viêt Nam du Nord sont le sujet du documentaire Return with Honor de l'American Film Foundation en 1999, présenté par Tom Hanks.

Bibliographie

Témoignages de prisonniers

- Roger Devaux : Treize Qu'ils Etaient - La vie des prisonniers de guerre Français chez les paysans de Basse Baviere (1939-1945) - - Mémoires et Cultures - 2007 - ISBN 2-916062-51-3
- Charles Gueugnier, Les carnets de captivité de Charles Gueugnier, présentés par Nicole Dabernat-Poitevin, Accod édition, 1998.
- Robert d'Harcourt, Souvenirs de captivité et d'évasions 1915-1918, Payot, Paris, 1935.
- Charles Hennebois, Aux mains de l'Allemagne, Plon, Paris, 1916.
- Roger Pelletier, Captivité, Taillandier, Paris, 1933.
- Gaston Riou, Journal d'un simple soldat, Guerre-Captivité 1914-1915, Hachette, Paris, 1916.
- Thierry Sandre, Le Purgatoire, Bibliothèque du Hérisson, Amiens, 1924.

Sur le sujet

- Jean-Claude Auriol, Les Barbelés des Bannis, La tragédie des prisonniers de guerre français en Allemagne durant la Grande Guerre, Editions Tirésias, Paris, 2002.
- Uta Hinz, Gefangen im Großen Krieg, Klartext Verlag, Essen, 2006.
- Jochen Oltmer, Kriegsgefangene im Europa des Ersten Weltkriegs, Schöningh, Paderborn, 2006.
- Pierre Gascar, L'histoire de la captivité des Français en Allemagne, 1939-1945, Gallimard, Paris, 1967 .
- Jean-Charles Lheureux, Graudenz, la forteresse de la mort lente, Capendu, 1985 (Préface de Jacques Chaban-Delmas)
- Philippe Destatte, Paul Delforge, Les combattants de 1940. Hommage de la Wallonie aux prisonniers de guerre, Institut Destrée, Charleroi, 1995
- Clark, Alan Barbarossa : The Russian-German Conflict 1941-1945 page 206, ISBN 0-304-35864-9
- Richard D. Wiggers "The United States and the Denial of Prisoner of War (POW) Status at the End of the Second World War, " Militärgeschichtliche Mitteilungen 52 (1993) pp. 91-94.
- Philippe Sunou, "Les Prisonniers de guerre allemands en Belgique et la Bataille du charbon", 1945-1947, Bruxelles, Musée royal de l'Armée, 1980.
- Philippe Sunou, "La Convention de Genève et le régime disciplinaire des prisonniers de guerre allemands en Belgique de 1945 à 1947", dans "Les Actes du XLIII Congrès de la Fédération des Cercles d'Histoire, Archéologie et Folklore de Belgique".
- Yves Durand, "La vie quotidienne des prisonniers de guerre dans les Stalags, les Oflags et les Kommandos 1939-1945", Hachette, 1987.
- Hermann Jung, "Die deutschen Kriegsgefangenen im Gewahrsam Belgiens, des Niederlande und Luxemburgs", Munich, 1966.
- Billy Keith, "L'aumonier de l'enfer", Editions France-Empire, Paris, 1973 ==
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