Post-keynésianisme

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Le post-keynésianisme est un courant de pensée économique développé à partir des années 1930 en Angleterre et aux États-Unis. Il est actuellement surtout présent aux États-Unis. Il se présente comme le courant le plus proche des idées de Keynes.
Post-keynésianisme

Le post-keynésianisme est un courant de pensée économique développé à partir des années 1930 en Angleterre et aux États-Unis. Il est actuellement surtout présent aux États-Unis. Il se présente comme le courant le plus proche des idées de Keynes.

Un courant assez hétéroclite

Les post-keynésiens reprennent ce qu'il y a de plus radical chez Keynes (ce dernier s'est de plus en plus éloigné des néoclassiques au fur et à mesure de sa vie), à savoir l'incertitude radicale, l'analyse circuitiste, l'endogénéité de la monnaie... Il ne faut donc pas les confondre avec les néo-keynésiens, qui sont plus proches du keynésianisme de la synthèse. Il existe plusieurs écoles dites post-keynésiennes - notons que la classification est plus ou moins changeanteOn distingue parfois les fondamentalistes, les sraffiens et les kaleckiens.
-les keynésianistes de longue période comme Roy Forbes Harrod.
-les keynésianistes du chapitre XII comme G. L. S. Schackle.
-la macroéconomie kaleckienne qui part d'une synthèse entre le marxisme et le keynésianisme. Elle a été initiée par les travaux de Michal Kalecki.
-l'école de Cambridge ou post-cambridgiens. On y trouve des économistes renommés comme Nicholas Kaldor, Joan Robinson, Michal Kalecki, Piero Sraffa.
-l'école du circuit avec Frédéric Poulon, Schmitt, Barrère, Lavoie, qui remettent au goût du jour les théories des physiocrates. Ils se focalisent sur la circulation monétaire. Ils développent en parallèle des réflexions très critiques envers la microéconomie.

Différences avec les néo-classiques

Les post-keynésiens sont une école d'économie hétérodoxe qui prend une position radicalement opposée à celle de l'économie néo-classique. En tant qu'école hétérodoxe, l'école post-keynésienne se différencie en mettant en avant les points suivants Voir Marc Lavoie, L'économie Postkeynésienne, Paris, La Découverte, 2004 :
- Une épistémologie réaliste et non instrumentaliste. Les hypothèses posées par les post-keynésiens doivent correspondre au réel, elles n'ont pas une simple fonction prédictive.
- Une approche holiste et non individualiste. Frédéric Poulon réclame par exemple la possibilité d'une macro-économie autonome par rapport à la micro-économie, et revendique un domaine d'analyse et de réflexion propre à la macro-économie - qui ne se résume pas, toutefois à une simple « comptabilité nationale ».Voir Macroéconomie approfondie - Equilibre, déséquilibre, circuit., Paris, Cujas, 1982.
- L'abandon des hypothèses de rationalité absolue, ou même limitée.
- La mise au second plan du problème de la rareté en économie, et au contraire la mise au centre de l'analyse, des problèmes de production, de reproduction, de croissance et de circulation.
- L'interventionnisme étatique est favorisé par rapport au marché libre.

La micro-économie post-keynésienne

Le courant post-keynésien rejette de manière assez radicale les raisonnements marginalistes en économie. Les post-keynésiens tentent de rompre avec l'approche néo-classique traditionnelle, qui s'appuie généralement sur les fonctions d'utilité, avec toutes les hypothèses que la construction des ces courbes implique.

Croissance et investissement chez les post-keynésiens

Problématique

La théorie des post-keynésiens s’étend à de nombreux domaines et notamment aux conditions d’une croissance équilibrée à long terme. Problématique : si on connaît le plein-emploi aujourd’hui, quelles conditions doivent être réunies pour que cette situation se perpétue à long terme ? Quelles sont les conditions d’une croissance équilibrée à long terme ? Les deux principaux théoriciens post-keynésiens qui tentent de trouver une réponse à cette question sont Harrod et Domar. Ils présentent un modèle keynésien dynamique et, dans les années 50, ils initient un programme de recherche économique toujours d’actualité.

Le modèle de Domar

Le double caractère de l’investissement

Pour Domar, l’investissement à long terme a une double dimension : il intervient à la fois sur les conditions de l’épargne et sur les conditions de la demande dans la mesure où il est une des deux composantes de la demande effective. Mais à cette première base du raisonnement initié par Keynes, Domar ajoute que l’investissement modifie simultanément les conditions de l’offre, c’est-à-dire les conditions de la production, et les conditions de la demande. En effet, l’investissement en biens de production permet d’augmenter les capacités de production des entreprises. Le modèle repose sur cette idée simple que l’investissement se traduit à la fois par une augmentation des capacités de production et une augmentation de la demande effective. À cela s’ajoute l’effet multiplicateur de l’investissement : un flux d’investissement se traduit au final par un flux de demande (et donc de revenu) d’un montant supérieur. La question de la croissance équilibrée peut alors être reformulée ainsi : quelles conditions doivent être réunies pour que les capacités de production additionnelles générées par l’investissement trouvent en face d’elles une demande de biens de consommation d’un montant équivalent ?

La condition d’équilibre

Les termes du modèle de Domar. On note : ;I:l’investissement net après amortissements, c’est-à-dire le flux d’investissement supplémentaire d’une année sur l’autre. ;σ.I:l’expression de l’efficacité de l’investissement en terme d’augmentation des capacités de production sur le long terme. C’est l’augmentation des capacités de production sur le long terme induite par la variation annuelle des capacités de production (I), en supposant que toute variation de I ne conduit pas nécessairement à une augmentation des capacités de production. En effet, seule une part des investissements nets conduit à une augmentation des capacités de production. Ainsi, on peut dire que σ.I désigne également l’offre de long terme.
-La demande de long terme est désigne par ΔI / α avec α = 1 – c, la propension marginale à épargner. C’est le produit de la variation annuelle de l’investissement net par le multiplicateur keynésien simple (k = 1 / 1 – c). Or, l’égalisation de l’offre et de la demande de long terme n’a rien d’automatique. σ.I = ΔI / α  α.σ.I = ΔI  α.σ = ΔI / I. Ainsi, à long terme le taux de croissance de l’investissement net est donné par α.σ. Or, rien ne garantit qu’il en sera ainsi, car les variables qui interviennent du coté de l’offre et de la demande ne sont pas les mêmes. Du côté de la demande, ce qui est en jeu, c’est la variation de l’investissement net alors que du côté de l’offre, c’est le volume de l’investissement net qui est déterminant. α.σ est une combinaison de deux variables qui n’ont rien à voir avec l’autre côté de l’égalité ΔI / I. Le modèle de Domar montre qu’il n’est pas suffisant que l’investissement compense simplement l’offre pour soutenir la demande effective. Il faut en effet pour connaître une croissance soutenue et équilibrée de long terme que l’investissement net d’aujourd’hui surpasse l’offre d’hier L’investissement net doit augmenter sans cesse et donc accroître les capacités de production à l’infini.

Notes

Catégorie:École de pensée économique ca:Economia Postkeynesiana en:Post-Keynesian economics es:Escuela postkeynesiana zh:后凯恩斯经济学
Sujets connexes
Angleterre   Années 1930   Cambridge   Frédéric Poulon   Instrumentalisme   Joan Robinson   Marxisme   Microéconomie   Nicholas Kaldor   Orthodoxie et hétérodoxie en économie   Piero Sraffa   Roy Forbes Harrod  
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