Black Panther Party

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Le Black Panther Party (à l'origine le Black Panther Party for Self-Defense) était un mouvement révolutionnaire afro-américain formé aux États-Unis en 1966 par Bobby Seale et Huey P. Newton qui a atteint une échelle nationale avant de s'effondrer à cause de tensions internes et des efforts de suppression par l'État, en particulier le FBI (efforts qui comportaient des arrestations et l'agitation de factions rivales via des infiltrateurs). L
Black Panther Party

Le Black Panther Party (à l'origine le Black Panther Party for Self-Defense) était un mouvement révolutionnaire afro-américain formé aux États-Unis en 1966 par Bobby Seale et Huey P. Newton qui a atteint une échelle nationale avant de s'effondrer à cause de tensions internes et des efforts de suppression par l'État, en particulier le FBI (efforts qui comportaient des arrestations et l'agitation de factions rivales via des infiltrateurs). L'organisation est connue pour son programme « Free Breakfast for Children », l'utilisation du terme « pigs » (cochons) pour décrire les agents de police ainsi que pour avoir apporté des armes à feu à l'assemblée législative californienne.

Origine du nom

Les membres du Student Nonviolent Coordinating Committee (SNCC), parmi lesquels Stokely Carmichael, travaillaient à enregistrer les votants dans le comté de Lowndes, en Alabama. Suivant le succès du Mississippi Freedom Party, les organisateurs travaillaient à créer la Lowndes Organization comme parti indépendant. La loi de l'Alabama obligeait tous les partis à présenter une identification visuelle pour les votants analphabètes. Courtland Cox a contacté un concepteur d'Atlanta pour un logo. Celui-ci a d'abord présenté un pigeon mais les acteurs du SNCC à Lowndes ont pensé que cela était trop doux alors le concepteur est revenu avec une panthère noire, la mascotte du Clark College d'Atlanta. La Lowndes County Freedom Organization est devenue le parti Black Panther et rapidement d'autres partis sont apparus dans le pays. Plusieurs n'avaient pas de lien avec le SNCC et le Black Panther Party for Self-Defense n'était pas lié officiellement avec aucun de ces partis ni au SNCC.

Travail communautaire

Le parti a lancé une variété de programmes communautaires, initialement dans la région d'Oakland, incluant un programme de dépistage de la drépanocytose, des cliniques gratuites et des distributions de nourriture. Le programme qui a été de loin le plus populaire et qui a eu le plus de succès est sans doute le « Free Breakfast for Children Program », initialement d'une église de San Francisco et qui a nourri des milliers d'enfants durant l'histoire du parti... Les Black Panthers ont aussi offert de nombreux autres services gratuits tels que des vêtements gratuits, des cours de politique et d'économie gratuits, des cliniques médicales gratuites, des leçons gratuites d'autodéfense et de premiers soins, transports gratuits vers les prisons pour les membres de la famille des détenus, un programme d'ambulance de soins d'urgence gratuit, mesures de réhabilitation à l'alcoolisme et à la toxicomanie et dépistage gratuit de la drépanocytose. Les Panthers ont testé plus de 500 000 Afro-Américains pour cette maladie avant qu'il soit reconnu par les établissements médicaux qu'elle affecte presque exclusivement les membres de la communauté noire. Le parti a aussi combattu l'usage de drogues dans la communauté Afro-Américaine en arrêtant les opérations des trafiquants de drogue et en distribuant de la propagande anti-drogue.

Autodéfense

Le BPP faisait la promotion et pratiquait l'autodéfense armée des communautés noires contre ce qui était perçu comme étant la « force d'occupation étrangère » de la police blanche « raciste ». Une des toutes premières activités entreprises par le BPP était une patrouille citoyenne qui suivait les officiers, armés d'un fusil et d'une copie du code pénal californien dans le but de protéger les citoyens d'Oakland. La police d'Oakland était furieuse contre ces méthodes, mais puisque les armes des Panthers étaient enregistrées et non dissimulées, ces derniers ne violaient aucune loi sur les armes à feu.

Activités politiques

Le Parti a brièvement fusionné avec le Student Nonviolent Coordinating Committee avec à leur tête Stokely Carmichael (plus tard Kwame Toure). En 1967 le parti organisa une marche vers le siège du pouvoir législatif de la Californie en vue de protester contre la volonté de l'état de délégaliser le port d'armes chargées en public. Les participants y portaient des fusils. En 1968 le Ministre de l'information du BPP Eldridge Cleaver se portait candidat pour la présidence du Peace and Freedom Party.

COINTELPRO et le clivage Est contre Ouest

Le Parti a été ciblé par le programme COINTELPRO du FBI, qui tentait systématiquement d'interrompre les activités et de dissoudre le parti. COINTELPRO y arrivait par infiltration, propagande publique et la provocation de rivalités entre factions et ce principalement par l'envoi de lettres anonymes ou falsifiées. La police retenait le groupe par des poursuites interminables, des fusillades, des assassinats, des enquêtes, de la surveillance et des dirty tricks. Lors de l'une des plus notoires de ces actions, le FPB et la police de Chicago ont pris d'assaut la résidence de l'organisateur talentueux et charismatique des Panthers Fred Hampton le 4 décembre 1969. Les personnes dans la maison ont été droguées par l'informateur du FBI William O'Neal et tous étaient endormis lors de l'assaut. Hampton fut atteint par balles et tué ainsi que le garde Mark Clark. Les autres dans la maison ont été tirés dans la rue et battus puis accusées pour voies de fait. Ces accusations ont été par la suite retirées. Les membres Bunchy Carter et John Huggins ont été tués sur le campus de l'UCLA en 1969 lors d'un autre incident. Bien qu'ils aient été tués par un group Black Power rival nommé US (United Slaves) créé par Maulana Karenga, le directeur local du COINTELPRO a revendiqué les meurtres dans des notes internes du FBI, y affirmant qu'une série de documents falsifiés provenant de son bureau avaient mené directement à la fusillade. Pendant qu'une partie de l'organisation participait ou était proche des services sociaux des gouvernements locaux, un autre groupe avait constamment des démêlés avec la police. La séparation entre l'action politique, l'activité criminelle, les services sociaux, l'accès au pouvoir et la recherche d'identité est devenue floue et bizarrement contradictoire. De ce fait, le momentum politique des Panther a été graduellement épuisé à naviguer le système de justice criminelle.

Déclin et désintégration

La destruction du Parti est due aux dépenses légales et aux disputes à cause du COINTELPRO. Plusieurs membres éminents sont allés joindre le groupe armé, le Black Liberation Army, tandis que d'autres (par ex. Eldridge Cleaver) ont repris une politique plus modérée, pacifique. Plusieurs sont restés plusieurs années en prison à la suite des dossiers du COINTELPRO. Un groupe s'appelant le New Black Panther Party a émergé de la Nation of Islam plusieurs décennies après la chute des Black Panthers originaux. Des membres du Black Panther Party original les ont publiquement et durement critiqué. Par exemple, la Dr. Huey P. Newton Foundation insiste qu'il « n'y a pas de nouveau Black Panther Party. » Une nouvelle National Alliance of Black Panthers a été formée le 31 juillet 2004, inspirée par l'activisme de l'organisation initiale, mais non autrement reliée. Leur présidente est Shazza Nzingha.

Extraits divers

Programme en dix points

Le parti a été fondé sur un programme comportant dix points (Ten Point Plan) listés ci-dessous et avec les commentaires explicatifs du parti pour chacun des points. Le Ten Point Plan fut l'un des documents centraux du parti et sa distribution était la méthode la plus importante de propagande, d'éducation et de recrutement. Les dix points:
- Nous voulons la liberté. Nous voulons le pouvoir de déterminer le destin de notre Communauté Noire.
- Nous voulons le plein emploi pour notre peuple.
- Nous voulons la fin du vol de notre Communauté Noire par les capitalistes.
- Nous voulons des habitations décentes, propres à l'hébergement de personnes.
- Nous voulons une éducation pour notre peuple qui expose la véritable nature de cette société Américaine décadente. Nous voulons une éducation qui nous enseigne notre véritable histoire et notre rôle dans la société d'aujourd'hui.
- Nous voulons que tous les hommes noirs soient exemptés du service militaire.
- Nous voulons la fin immédiate de la brutalité policière et du meurtre des personnes noires.
- Nous voulons la liberté pour tous les hommes noirs détenus dans des prisons municipales, de comtés, d'état et fédérales.
- Nous voulons que toutes les personnes noires amenées en cour soient jugées par leurs pairs ou par des personnes de leurs communautés noires tel que défini dans la Constitution des États-Unis.
- Nous voulons des terres, du pain, des logements, de l'éducation, des vêtements, la justice et la paix.

Pourquoi nous ne sommes pas racistes

Extraits de "A l'affût - Histoire du Parti des Panthères noires et de Huey Newton" par Bobby Seale, Collection Témoins Gallimard, 1972 (édition française) Le parti des Panthères noires n'est pas une organisation raciste noire, et cela à aucun point de vue. Nous connaissons bien les origines du racisme. Notre ministre de la Défense, Huey P. Newton, nous a appris à comprendre qu'il nous fallait nous opposer au racisme sous toutes ses formes. Le parti a conscience du fait que le racisme est ancré dans une grande partie de l'Amérique blanche, mais il sait aussi que les sectes embryonnaires qui prolifèrent à l'heure actuelle dans la communauté noire ont à leur base une philosophie raciste. Le parti des Panthères noires ne se place pas au niveau vil et bas du Ku Klux Klan, des "chauvins blancs" ou des organisations de citoyens blancs, soi-disant patriotiques, qui haïssent les Noirs pour la couleur de leur peau, même si certaines de ces organisations proclament "Oh, nous ne haïssons pas les Noirs, la seule chose, c'est que nous ne les laisserons pas faire ceci, ni cela! " Ce n'est en fait que de la basse démagogie, masquant le vieux racisme qui fait un tabou de tout, et en particulier du corps. L'esprit des Noirs a été étouffé par leur environnement social, cet environnement décadent qu'ils ont subi quand ils étaient esclaves et qu'ils subissent encore depuis la soi-disant Proclamation d'émancipation. Les Noirs, les Bruns, les Chinois et les Viêt-namiens, font l'objet de surnoms péjoratifs tels que crasseux, nègres, et bien d'autres encore. Ce que le parti des Panthères noires a fait en substance, c'est appeler à l'alliance et à la coalition tous les gens et toutes les organisations qui veulent combattre le pouvoir. C'est le pouvoir qui, par ses porcs et ses pourceaux, vole le peuple; l'élite avare et démagogue de la classe dirigeante qui agite les flics au-dessus de nos têtes, et qui les dirige de manière a maintenir son exploitation. A l'époque de l'impérialisme capitaliste mondial, impérialisme qui se manifeste aussi contre toute sorte de gens ici même en Amérique, nous pensons qu'il est nécessaire en tant qu'êtres humains, de lutter contre les idées fausses actuelles telles que l'intégration. Si les gens veulent s'intégrer - et je présume qu'ils y arriveront d'ici cinquante ou cent ans - c'est leur affaire. Mais pour l'instant, notre problème, c'est ce système de classe dirigeante qui perpétue le racisme et l'utilise comme moyen de maintenir son exploitation capitaliste. Elle utilise les Noirs, et en particulier ceux qui sortent de l'Université et sont issus de ce système d'élite, parce que ceux-ci ont tendance à tomber dans le racisme noir qui n'est pas différent de celui que le Ku Klux Klan où les groupes de citoyens blancs pratiquent, il est évident que combattre le feu par le feu a pour résultat un grand incendie. Le meilleur moyen de combattre le feu, c'est l'eau parce qu'elle éteint. L'eau, c'est ici la solidarité du peuple dans la défense de droit à s'opposer à un monstre vicieux. Ce qui est bon pour l'homme est bon pour nous. Ce qui est bon pour le système de la classe diricapitaliste ne peut pas être bon pour la masse. Nous, le parti des Panthères noires, nous voyons les Noirs comme une nation à l'intérieur d'une nation, mais pas pour des raisons racistes. Nous le voyons comme une nécessité qui s'impose, si nous voulons progresser en tant qu'êtres humains et vivre sur cette terre en accord avec autres peuples. Nous ne combattons pas le racisme par le racisme. Nous combattons le racisme par la solidarité. Nous ne combattons pas le capitalisme exploiteur par le capitalisme noir. Nous combattons le capitalisme par le socialisme. Nous ne combattons pas l'impérialisme par un impérialisme plus grand. Nous combattons l'impérialisme par l'internationalisme prolétarien. Ces principes sont essentiels dans le parti. Ils sont concrets, humains et nécessaires. Ils devraient être adoptés par les masses. Nous n'utilisons et n'avons jamais utilisé nos armes pour pénétrer la communauté blanche et tirer sur des Blancs. Tout ce que nous faisons, c'est de nous défendre contre quiconque nous attaque sans raison et essaie de nous tuer lorsqu'on met en pratique notre programme, qu'il soit noir, bleu, vert ou rouge. Tout bien considéré, je pense qu'en dant nos actions, tout le monde peut voir que notre organisation pas une organisation raciste, mais un parti progressiste révolutionnaire. Ceux qui veulent semer la confusion dans la lutte en parlant de différences ethniques sont ceux qui maintiennent et facilitent l'exploitation des masses des pauvres Blancs, des pauvres Noirs, des Bruns, des Indiens rouges, des pauvres Chinois et Japonais et des travailleurs en général. Le racisme et les différences ethniques permettent au pouvoir d'exploiter la masse des travailleurs de ce pays parce que c'est par là qu'il maintient son contrôle. Diviser le peuple pour régner sur lui, c'est l'objectif du pouvoir; c'est la classe dirigeante, une infime minorité constituée de quelques pourceaux et de rats avares et démagogues, contrôle et pourrit le gouvernement. La classe dirigeante avec ses chiens, ses laquais, ses lèche-bottes, ses "Toms", ses Noirs racistes et ses nationalistes culturels, - ils sont tous les chiens de garde de la classe dirigeante. Ce sont eux qui aident au maintien du pouvoir en perpétuant leurs attitudes racistes et en utilisant le racisme comme moyen de diviser le peuple. Mais c'est seulement la petite minorité qui constitue la classe dirigeante qui domine, exploite et opprime les travailleurs. Nous faisons tous partie de la classe ouvrière, que nous travaillions ou non et notre unité doit se constituer sur la base des nécessités concrètes de la vie, la liberté et la recherche du bonheur, si ça signifie encore quelque chose pour quelqu'un. Pour que les problèmes qui existent puissent être résolus, cette unité doit être basée sur des choses concrètes comme la survie des gens, et leur droit à l'autodétermination. En résumé, il ne s'agit donc pas d'une lutte raciale et nous en ferons rapidement prendre conscience aux gens. Pour nous, il s'agit d'une lutte de classe entre la classe ouvrière prolétarienne qui regroupe la masse, et la minuscule minorité qu'est la classe dirigeante. Les membres de la classe ouvrière, quelle que soit leur couleur, doivent s'unir contre la classe dirigeante qui les opprime et les exploite. Et laissez-moi encore insister: Nous croyons que notre combat est une lutte de classe et non pas une lutte raciale. Extraits de "A l'affût - Histoire du Parti des Panthères noires et de Huey Newton" par Bobby Seale, Collection Témoins Gallimard, 1972 (édition française)

Bibliographie

- Bobby Seale. (1968). Seize the time. Black Classic Press; Réimpression (septembre 1997).
- Panthère noire (Soul on Ice), Cleaver Eldridge, Paris, Editions du Seuil, 1970, coll. « Combats », 219 p.
- Earl Anthony, Prenons les armes !, Présence africaine, 1971.
- George Jackson, Les Frères de Soledad, Gallimard, 1971.
- A l’affût. Histoire du parti des Panthères noires et de Huey Newton, Seale Bobby, Paris, Gallimard, 1972, 369 p.
- John Lewis. (1998). Walking with the Wind. Simon and Schuster. ISBN0684810654, p. 353.
- Les Panthères Noires, Tom Van Eersel, L'Echapée, 2006
- Black Panthers, Stephen Shames et Charles E. Jones, La Martinière, 2006, 152 p.
- We want freedom, Mumia Abu-Jamal, Le temps des cerises, 2006, 260 p.

Filmographie

- Black Panthers - Huey!, Varda Agnes, Etats-Unis, 1968, 46 mn.
- Eldridge Cleaver, Black Panther, Klein William, Alger, ONCIC, 35 mm, couleur, 75 mn, 1970.
- All power to the People: The Black Panther Party and Beyond, Lew-Lee Lee, Etats-Unis, 1996, 1 h 56 mn.
- Black Panthers, Case Georges, Etats-Unis, 1991, 80 mn.
- Panthers, Mario Van Peebles, Etats-Unis? 1995? 124 MIN
- What We Want, What We Believe: The Black Panther Party Library, Newsreel et Roz Payne, Etats-Unis, 12 heures, 4 DVD.

Voir aussi

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Sujets connexes
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