Colisée

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L'Amphithéâtre flavien (Amphitheatrum Flavium, connu aussi sous le nom de Colisée (Colosseum)), est le plus grand amphithéâtre de Rome dont la construction fut ordonnée par l'empereur Vespasien. Le Colisée fut construit sur le site de l'énorme palais de Néron, la Domus Aurea, et était précisément situé dans la dépression de la Velia, entre le Caelius, le Mont Oppius et le Palatin, proche du quartier de Subure, à la place du lac du palais, qu
Colisée

L'Amphithéâtre flavien (Amphitheatrum Flavium, connu aussi sous le nom de Colisée (Colosseum)), est le plus grand amphithéâtre de Rome dont la construction fut ordonnée par l'empereur Vespasien. Le Colisée fut construit sur le site de l'énorme palais de Néron, la Domus Aurea, et était précisément situé dans la dépression de la Velia, entre le Caelius, le Mont Oppius et le Palatin, proche du quartier de Subure, à la place du lac du palais, qui fut asséché, et d'une arène en bois pour les gladiateurs, qui fut détruite. Il est au croisement des Voie Triomphale et Sacrée. Il fut financé grâce à l'argent ramené de la campagne victorieuse de Titus en Judée, et notamment grâce au pillage du Temple de Jérusalem. Une énorme statue de Néron, le Colosse de Néron, qui fut déplacée lors de la construction du Temple de Vénus et de Rome, se trouvait à côté de l'Amphithéâtre flavien dont celui-ci tira son célèbre nom de Colisée (Colosseum) durant le Moyen Âge, dû aux restes du Colosse de Néron. Le Colisée ne fut donc appelé ainsi qu'après l'Antiquité, et non à l'époque des empereurs romains. Le Colisée pouvait recevoir des jeux spectaculaires, comme des combats entre animaux (venationes), la mise à mort par des animaux et d'autres exécutions ainsi que des combats entre gladiateurs (munera), et près de 50 000 spectateurs pouvaient assister à ces spectacles.

Histoire du Colisée

Construction

Panorama Le Colisée le soir Le Colisée la nuit Les restes des structures du Colisée vus en coupe Vue extérieure des arcades du Colisée Autre vue extérieure D'après le Lexikon der gesamten Technik (1904) d'Otto Lueger Intérieur du Colisée Le Colisée correspondait à un gigantesque stade de notre époque, mais les spectacles préférés des Romains étaient les jeux du cirque (ludi circenses), jeux qui furent certainement inventés vers la fin de la République (I siècle avant JC) dans le but d’exciter et d’alimenter en eux l’esprit guerrier qui les rendait maîtres du monde. C’est ce qui donna naissance à la profession des gladiateurs, qui étaient entraînés au combat ne sachant que le vaincu serait tué par le vainqueur, tandis que des bêtes féroces de tous genres accroissaient l’horreur des spectacles. La construction commença vers l'an 70 ap. J.-C. sur ordre de Vespasien. Il consacra lui-même l'édifice en 79 ap. J.-C. alors que l'amphithéâtre ne comportait que deux étages. Il ne fut terminé que par son fils l'Empereur romain Titus en 80 ap. J.-C., qui y ajouta les troisième et quatrième étages. C’est probablement grâce au butin issu de la prise de Jérusalem et de son Temple en 70 après JC que sa construction fut lancée. Les prisonniers juifs furent envoyés à sa conception. Vespasien cherchait à gagner la sympathie et le soutien de la population de Rome à la suite de sa prise du pouvoir. Il fut construit entre l’Esquilin et le Caelius. La construction totale de l'édifice ne dura qu'un peu moins de 10 ans malgré sa taille imposante et les moyens de l'époque. Titus consacra l'agrandissement de l'édifice avec des jeux magnifiques qui durèrent 100 jours. Dion Cassius rapporte que neuf mille bêtes sauvages (venationes) furent tuées au cours des cent jours de fêtes qui furent donnée pour l’inauguration de l’amphithéâtre. Domitien ajouta quelques touches à l'édifice quelques années plus tard. Le nom de l'édifice provient évidemment de la dynastie dont faisait partie ces trois empereurs : les Flaviens. Mais on l’appelle plus communément Colisée (Colosseo, en français Colosse), peut être parce qu’il était tout près du colosse de Néron. Les empereurs Nerva et Trajan changèrent et ajoutèrent des éléments au monument au début du IIe siècle. Lors du triomphe de Trajan, vainqueur des Daces, 10 001 gladiateurs y combattirent. Il pouvait y avoir jusqu'à 10 spectacles par jour. Le sable du sol absorbait le sang versé. Des ascenseurs en sous-sol permettaient de faire monter les gladiateurs et animaux par surprise. Antonin le Pieux reconstitua le Colisée quelques années plus tard comme il fut conçu à l'origine par les Flaviens.

Antiquité

En 217 ap. J.-C., l'amphithéâtre fut rebâti, surement, par Gordien et sérieusement endommagé, aucun combat de gladiateurs ne put y avoir lieu jusqu'aux années 222/223 ap. J.-C., quand les réparations ordonnées par Élagabal furent partiellement accomplies par Alexandre Sévère. Gordien III termina les réparations de l'édifice, qui fut à nouveau reconstitué par Dèce après qu'il eût été endommagé par la foudre en 250 ap. J.-C. Les combats de gladiateurs furent interdits par Constantin au IVe siècle, et les derniers combats se produisirent en 404 ap. J.-C., l'interdiction décidée par Constantin fut longue à s'appliquer, tellement les Jeux faisaient partie de la vie romaine. Le Colisée fut partiellement détruit par le tremblement de terre qui toucha Rome en 442 ap. J.-C. ou 445 ap. J.-C. et fut restauré par les empereurs Valentinien III et Théodose II, et reconstitué en 470 ap. J.-C. puis par le Préfet de Rome Basilius Uenantius, futur consul, en 508 ap. J.-C., et finalement par Eutharich, le beau-fils et successeur de Théodoric le Grand, en vue des derniers venationes enregistrés, qui eurent lieu en 523 ap. J.-C.
Remarque
Contrairement au gaye, il n'y eut pas de combats navals dans le Colisée après sa construction. Cependant, durant la phase finale des travaux, quand les dispositifs souterrains n'étaient pas encore aménagés, il y eut effectivement quelques combats navals dans le monument, rempli d'eau pour l'occasion.

Moyen-Âge et Renaissance

La fin de l’Empire romain fut marquée par des tremblements de terre (en 442 et en 508) qui provoquèrent de graves dommages au Colisée. Il continue cependant à être utilisé sous Théodoric, chef du royaume romano barbare des Goth qui, en 523, autorisa la représentation des venationes, les traditionnels chasses aux bêtes fauves. À partir de là, le Colisée fut laissé à l’abandon et fut exploité comme cimetière, puis comme forteresse. Le Colisée fut touché par un tremblement de terre sous le pontificat de Léon IV en 847 ap. J.-C. De nouveaux séismes le frappèrent en 1231 et 1255. En 1312, l'empereur Henri VII en fit don au Sénat et au Peuple romain. Comme nombre de monuments antiques, le Colisée servit ensuite de carrière pour bâtir les palais avoisinants (palais de Venise ou de la Chancellerie). Le marbre qui le revêtait presque entièrement fut réutilisé pendant la période florissante de la Renaissance pour construire d’autres édifices. Au XIe et XIIe siècle, sa destruction commença, et continua progressivement jusqu'au XVIIIe siècle, puis il fut légèrement restauré au XIXe siècle. Au XVIIIe siècle, en souvenir des martyrs chrétiens supposés y avoir péri, le pape Benoît XIV consacra l'édifice. Une grande croix y figure toujours, au bord de l'arène. Ce fut la fin des déprédations. Grégoire XVI et Pie IX s'efforcèrent désormais de le restaurer.

Aujourd'hui

A l’époque de sa splendeur, il devait certainement apparaître comme un spectacle stupéfiant de la grandeur romaine. Aujourd’hui encore, après tant de siècle, le Colisée fait toujours l’orgueil de Rome et l’émerveillement des visiteurs. Le côté nord du mur externe est encore debout, il englobe les voûtes des numéros XXIII à LIV ainsi que toutes les constructions entre le mur externe et l'arène. Par contre tout le marbre, la doublure de la cavea et toute forme de décoration ont disparu. Le Colisée forme aujourd'hui l'un des principaux centres d'attrait touristiques de Rome, envahi par les marchands de souvenirs et de cartes postales. Il est le point de départ de la plupart des excursions de la Ville éternelle.

Architecture

L'amphithéâtre flavien est de forme elliptique. Son axe principal, nord-ouest / sud-est est long de 188 mètres, et son axe mineur fait 156 mètres. L’ensemble était destiné, selon des calculs assez complexes, à accueillir 52 000 spectateurs. L'extérieur est construit avec de grands blocs de travertin. Le reste des murs intérieurs était des blocs de pépérin et de béton, avec et sans des revêtements de brique. Un certain tuf était également utilisé dans la partie inférieure des murs intérieurs. Le mur externe, ou la façade, était de 48, 50 mètres de haut, et se tient sur un stylobate, qui est augmenté de deux étages au-dessus d'un trottoir de travertin. Ce trottoir est de 17, 50 mètres de large, et entourait le bâtiment entier. Le mur externe lui-même est divisé en quatre étages, desquels les trois inférieurs se composent des rangées d'arcades ouvertes, un modèle d'architecture emprunté au Théâtre de Marcellus.

Premier étage

Les voûtes de l'arcade inférieure sont de 7, 05 mètres de haut et 4, 20 de large. Les piliers entre elles sont de 2, 40 mètres de large et 2, 70 de profondeur. Devant ces piliers, des colonnes d'ordre dorique soutiennent un entablement de 2, 35 mètres de haut, mais sans les caractéristiques distinctes de cet ordre. Il y avait quatre-vingts voûtes dans l'arcade inférieure, parmi lesquelles les quatre entrées principales de l'amphithéâtre, aux quatre points cardinaux, qui n'était pas numérotées. Les soixante-seize voûtes restantes furent numérotées.

Deuxième étage

Des projections au-dessus des colonnes du premier étage servaient de piédestaux aux colonnes engagées de la deuxième arcade. Cette arcade a les mêmes dimensions que celle du premier étage, sauf que les voûtes sont de seulement 6, 45 mètres de hauteur. Les moitiés de colonnes sont d'ordre ionique, et soutiennent à leur tour un entablement de 2, 10 mètres de hauteur, mais pas dans le modèle ionique parfait.

Troisième étage

Au-dessus de ceci était un deuxième grenier, de 1, 95 mètres de haut, sur lequel les colonnes du troisième se reposaient. Le troisième étage est d'ordre corinthien, et ses voûtes sont de 6, 40 mètres de hauteur. Un troisième entablement et un grenier surplombaient ces arcades. Dans chacune des deuxième et troisième arcades se tenait une statue.

Quatrième étage

La division supérieure du mur reposait au 4 étage, elle était ornée de pilastres corinthiens plats au lieu des moitié-colonnes des arcades inférieures. Au-dessus des pilastres se tenait un entablement.

Voiles

Au-dessus, il y avait les consoles, trois entre chaque paire de pilastres. Dans ces consoles, il y a les mâts qui soutenaient les voiles (velaria) qui ont protégé le cavea. Le Colisée était habituellement découvert, mais en cas de mauvais temps ou pendant la canicule d’été, il était protégé par un immense velarium, manœuvré par deux équipes de marins détachées de la flotte de Ravenne et du Cap de Misène. Ces deux équipes participaient aussi aux batailles navales souvent organisées dans cet amphithéâtre.

Système d'entrée

Les spectateurs pouvaient arriver par plus de 80 entrées dans l'arène. Quatre furent réservés à des hôtes privilégiés comme l'empereur, les sénateurs, de hauts fonctionnaires publics, et les prêtres. Le système d'entrée était bien étudié avec ses nombreux escaliers et passages, et la disposition est restée la même aujourd'hui dans les stades. De cette façon, il était possible de remplir le Colisée de spectateurs en seulement 15 minutes et de permettre à la foule de quitter l'amphithéâtre en 5 minutes !

Couloirs intérieurs

A une distance de 5, 80 mètres dans le mur externe, se dressait un deuxième mur avec les voûtes correspondantes, et à 4, 50 mètres à l'intérieur de celui-ci, un troisième qui divise le bâtiment en deux sections principales. Sur le plancher inférieur, entre ces trois murs, il y avait deux couloirs ou ambulatoires arqués élevés, encerclant le bâtiment entier. Au deuxième étage, deux couloirs étaient semblables à ceux du premier étage, sauf qu'ils étaient divisés en deux étages, supérieur et inférieur. Au troisième étage, il y avait deux étages de plus. Dans le couloir intérieur du deuxième étage, et dans les deux sur le troisième, étaient disposées des volées d'escaliers très ingénieux, qui menaient à l'étage le plus élevé, et donnaient accès à la partie supérieure de la deuxième rangée de sièges. Des couloirs et des voûtes, avec d'autres volées d'escaliers, mènent à toutes les parties du cavea par des ouvertures appelées le vomitoria.

Arène

L'arène elle-même était elliptique, l'axe principal étant de 86 mètres de long pour 54 mètres de large. L'arène était entourée d'une barrière, construite pour protéger les spectateurs contre les attaques des bêtes sauvages, et derrière cette barrière se tenait un passage étroit pavé de marbre. L’arène est formé d’un plancher en bois recouvert de sable qui repose sur un sous sol profond où son placés les équipements et les accessoires nécessaires aux spectacles.

Podium

Au-dessus de ce passage, il y avait le podium, une plateforme située environ 4 mètres au-dessus de l'arène, sur laquelle furent placées les chaises de marbre des spectateurs les plus distingués. Ces chaises semblent avoir été assignées aux sociétés et aux fonctionnaires, pas aux individus en tant que tels, jusqu'à la période de Constantin Ier, quand elles furent assignées aux familles et rarement aux individus. Ceci continua jusqu'au Ve siècle. Les noms de ces divers propriétaires furent gravés sur les sièges eux-mêmes (plusieurs de ces inscriptions furent préservées). Quand un siège passait d'un propriétaire à un autre, l'ancien nom était effacé et un neuf le remplaçait. L'avant du podium était protégé par une balustrade en bronze.

Gradins

L'amphithéâtre fut conçu de manière ingénieuse. De nombreux architectes se sont inspirés des concepts utilisés dans le Colisée pour construire des salles de spectacle ou des stades. Les sièges étaient répartis en différentes sections. Le podium, premier niveau, était réservé aux sénateurs romains, et on y trouvait aussi la loge de l'empereur, le pulvinar. Au-dessus du podium, se trouvait le mænianum primum, réservé aux aristocrates romains qui ne faisaient pas partie du sénat, les equites notamment. Le troisième niveau, le mænianum secundum, était divisé en trois sections. On trouvait dans la partie inférieure (le immum), les riches citoyens, alors que les pauvres avaient la partie supérieure (le summum). Une troisième section (le mænianum secundum in lignis), ajoutée par Domitien, était faite d'une structure en bois, située tout au sommet du bâtiment. On n'y trouvait que des places debout, qui étaient destinées aux femmes de basse classe. Les gradins étaient couverts de marbre, et une fois assigné aux sociétés particulières le nom fut gravé sur la pierre. Chaque siège individuel pouvait être exactement indiqué par sa rangée et son nombre.

Sous-structures

Le plancher de l'arène devait être en bois, posé sur des sous-structures élevées. Dans les sous-structures, se situaient des repaires pour les bêtes sauvages, des ascenseurs, des appareils mécaniques de diverses sortes, et une installation pour le drainage de l'eau, qui coulait abondamment dans cette cavité et qui était portée au loin dans un égout. Les sous-structures furent améliorées du Ier siècle au Ve siècle.

Note

Un monument analogue fut construit à Paris, dans les Champs-Élysées, sous Louis XV, pour les fêtes et les plaisirs publics; mais il eut peu de succès et fut démoli dès 1784. Une rue du faubourg Saint-Honoré en a conservé le nom.

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