Indicateur de pH

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:Note : le terme « indicateur coloré » désignera toujours un « indicateur coloré de pH » dans cet article Quelques indicateurs colorés de pH Zones de virages du BBT, de la phénolphtaléine et de l'hélianthine Les indicateurs colorés de pH (ou indicateurs acide-base) sont des molécules qui ont la capacité de changer de couleur en fonction de l’acidité (au sens de Brønsted) de leur milieu environnant. La propriété qui lie couleur apparente et pH est appelée halochromisme
Indicateur de pH

:Note : le terme « indicateur coloré » désignera toujours un « indicateur coloré de pH » dans cet article Quelques indicateurs colorés de pH Zones de virages du BBT, de la phénolphtaléine et de l'hélianthine Les indicateurs colorés de pH (ou indicateurs acide-base) sont des molécules qui ont la capacité de changer de couleur en fonction de l’acidité (au sens de Brønsted) de leur milieu environnant. La propriété qui lie couleur apparente et pH est appelée halochromisme. Par extension, l'indicateur de pH est donc un détecteur chimique de l'ion hydronium (ou oxonium) H3O+. Cette propriété leur donne ainsi une utilité dans certaines sciences expérimentales telles que la chimie, la biologie ou la médecine. Elle leur confère par ailleurs un attrait pédagogique qui permet par exemple d’introduire les dosages acide-base au lycée sans initiation préalable au suivi pH-métrique ou conductimétrique d’une réaction. Leurs synthèses conduisant le plus souvent à des solides, les indicateurs colorés sont la plupart du temps utilisés en infimes quantités à l’état solvaté (dans l’eau, la soude ou l’éthanol par exemple) dans des solutions aqueuses. Ces quelques gouttes pourront donc colorer très nettement une solution et la couleur de celle-ci sera sensible aux valeurs que prend son pH. Dans les cas où l'on ne peut pas mélanger l'indicateur à la solutionDaniela Brotto Lopes Terci, Adriana Vitorino Rossi, , 2001 (cas, par exemple, de l'alimentaire), on peut imbiber un papier spécial de cet indicateur et y déposer une goutte de la solution pour observer le changement de couleur.

Historique

15px Les informations mentionnées dans cette partie proviennent des sources suivantes Mady Chapon, Véronique Courilleau-Harvelant et Cécille Valette, Chimie des couleurs et des odeurs, Culture et techniques, 1993, pages 157-162. sur le site CultureSciences-Chimie de l'Ecole normale supérieure C’est en 1767 qu’a lieu la première utilisation d’un indicateur coloré pour un dosage acide-base. C’est W. Lewis qui eut l’idée d’utiliser un changement de couleur pour caractériser l’équivalence. Jusqu’alors, on utilisait le carbonate de potassium K2CO3 comme base. On observait un dégagement gazeux à l’équivalence. Le premier indicateur coloré fut donc un extrait de tournesol Edmund Bishop, Indicators, Pergamond Press, Oxford, New York, 1972, ISBN 0080166172 . Les dosages consistaient alors en l’étude analytique des eaux minérales. Plusieurs autres indicateurs naturels furent rapidement adoptés. On peut citer le chou rouge, l’artichaut, la rose ou encore la betterave. En effet, ces composés présentent tous la propriété de changer de couleur en fonction du pH. Mais ces composés présentent des défauts importants : leur zone de virage est étendue et peu précise, et elle dépend de la nature même du végétal en question. Un même chou rouge pourra voir ses zones de virage déplacées d’une voire deux unités de pH. Le voit l’essor considérable de la chimie organique et la mise au point de synthèse de nouvelles substances qui serviront d’indicateurs colorés, comme la phénolphtaléine ou le bleu de bromothymol utilisés par Luck (1877), et la fluorescéine (1876). Ces indicateurs permettent des dosages plus précis. Aujourd’hui, un très grand nombre d’indicateurs colorés chimiques peuvent être utilisés. Le chou rouge reste utilisé, mais plutôt à titre pédagogique dans les cours de chimie. La teinture de tournesol est de moins en moins utilisée, au profit du bleu de bromothymol notamment.

Quelques indicateurs courants

Voici une liste non exhaustivevoir très complète pour plus de détails des principaux indicateurs utilisés en chimie ou en biologie. Les valeurs des transitions et les teintes peuvent varier légèrement en fonction des conditions d'utilisation (solvants, température, pression, etc.).

Indicateurs naturels de pH

15px Les informations mentionnées dans cette partie proviennent des sources suivantes Sébastien Bruneau (resp. Antoine Delon), Teintes Sensibles : les indicateurs colorés de pH, 2007, . § "Flower pH indicator properties", en cache sur le site Voici une liste non exhaustive d'indicateurs colorés naturels. Contrairement aux indicateurs chimiques purs, les indicateurs naturels contiennent plusieurs composés chimiques qui influent sur la couleur. Les zones de virage diffèrent donc selon la nature du composé utilisé. Par exemple, le jus de chou rouge peut ne pas virer au jaune avant un pH > 14 s'il date de plusieurs jours. De même, la transition du jus de carotte, par exemple, est difficilement observable. L'avantage majeur des indicateurs naturels sur leurs équivalents de synthèse est leur très faible coût. On les trouvent souvent directement dans la nature ou ne coûtent pratiquement rien au supermarché, alors que les indicateurs chimiques dépassent la dizaine d'euros pour quelques grammes de produits purs. forme acide du thym forme basique du thym Uun indicateur coloré naturel : le curcumatube 1 : pH 13 ; tube 2 : pH 11 ; tube 3 : pH 10 ; tube 4 : pH 6 : tube 5 : pH 2 D'autres indicateurs de pH naturels :
- Certains pétales de fleurs (rose, violette ou pensée, pétunia, volubilis, hortensia, géranium, delphinium, pavot, etc.) ;
- Quelques fruits ou légumes (rhubarbe, radis, cerise, carotte, cerise, fraise, cassis, airelle, de manière générale la plupart des fruits rouges...) ; Plusieurs composés chimiques peut être à l'origine des propriétés halochromiques de ces indicateurs naturels. En voici quelque-uns :
- Les anthocyanes sont des composés naturels que l'on retrouve chez plusieurs plantes. Ces composés sont rouges dans une solution acide et bleu dans une solution basique. Le chou rouge, qui en contient, est l'un des indicateurs les plus populaires et les plus spectaculaires.
- La curcumine est présente dans le curcuma (et donc dans le curry qui contient du curcuma). Elle est brune en milieu basique et jaune en milieu acide.
- Les caroténoïdes contenus par exemple dans les carottes peuvent posséder des propriétés acido-basiques.

Notions associées

Acidité et basicité du milieu

Le pH (potentiel hydrogène) est une grandeur utilisée en sciences expérimentales pour mesurer l’acidité ou la basicité d’une solution. Il est défini par le cologarithme décimal de l’activité des ions H+ dans la solution. Les ions H+ se liant aux molécules d’eau (approximativement 1 pour 1 ), on mesurera plutôt l’activité des ions hydronium H3O+ (improprement connus en tant qu'ions oxonium). Si l’on estime que les solutions sont assez diluées ( < 1M et < 1M), l’activité de l’eau sera égale à 1 et celle des ions hydronium sera assimilée la concentration en ces ions, ce qui est généralement le cas pour l'utilisation des indicateurs colorés. On a donc : pH = - \log \left( a_ \right) = - \log \left Traditionnellement, et compte tenu des approximations susmentionnées, on mesurera le pH sur une échelle allant de 1 à 14, bien qu’il puisse se situer en dehors de cette fourchette. En effet, sachant que le produit ionique de l’eau est toujours vérifié, on a : pH_ = -\log 1 = 0 et pH_ = -\log 10^ = 14 Une solution est dite acide si son pH est inférieur à 7, basique s’il est supérieur à 7 et neutre s’il égal à 7. C'est tout l'intérêt des indicateurs colorés de pouvoir déterminer facilement et rapidement cette acidité.

Zone de virage

Zones de virage du BBT Le principe d'un indicateur coloré est d'exister sous deux formes dont l'une prédomine par rapport à l'autre en fonction du pH. On appelle zone de virage la plage de pH dans laquelle aucune des deux formes de l’indicateur n’est majoritaire. Pour les calculs et les expériences, les indicateurs possèdent une zone de virage tabulée, reflétant avec précision le changement de couleur. Si l’on ne possède pas de données sur la zone de virage mais uniquement le pKi, on estime alors qu’une espèce prédomine sur l’autre lorsque la concentration de la première est 10 fois supérieure à celle de la seconde par Wyn Locke (trad. C. Jacoboni) sur le site de l'université du Mans. Cela se reflète par une variation d’une unité de pH autour du pKi.

Teinte sensible

La teinte sensible est le nom donné à la couleur que prend la solution dans la zone de virage. Souvent, cette couleur correspond au mélange additif des couleurs des formes mises en jeu. Exemple : le bleu de bromothymol (image) a une teinte sensible verte, superposition des couleurs jaune acide et bleue basique. Certains indicateurs peuvent avoir une transition par l’incolore, à cause d’effets électroniques supplémentaires, de présence d’une troisième forme intermédiaire ou encore à cause d’une perte d’énergie de l’indicateur.

Aspects techniques

Nature acido-basique des indicateurs

Un indicateur coloré peut être considéré comme un couple acide faible/base faible (selon la définition de l’acidité de Brönsted)Jacques Mesplède, Jérôme Randon, 100 manipulations de chimie générale et analytique, Bréal, 2004, p.46-48, 130-136, ISBN 2749503515. On notera InH la forme acide d’un indicateur et In- sa forme basique. L’équilibre acide-base existant entre ces deux formes est donc : InH \rightleftharpoons In^- + H^+ la constante d’acidité associée est K_i = \frac\left\left \left où est la concentration de l’espèce X en mol.l-1 On utilise plus souvent le pKi qui est égal au cologarithme décimal du Ki : pK_i = -\log K_i Chaque indicateur est caractérisé par le pKi de son couple ou par plusieurs pKi s’il s’agit d’un polyacide. ;Détermination expérimentale du pKi d'un indicateur coloréSabine Chierici et Olivier Thomas, Fascicules de TP de chimie inorganique de l'UE CHI232 "Chimie expérimentale", UJF, 2006 Il est important de noter la nécessité de pouvoir réaliser des mesures spectrophotométriques. En effet, elles permettent de déterminer expérimentalement le pKi d’un indicateur coloré. D’après la loi de Beer-Lambert, on sait que l’absorbance A (sans unité) d’une solution, mesurée dans un spectrophotomètre ou colorimètre, est proportionnelle à :
-Un coefficient d’absorption molaire ελ intrinsèque à la substance et à une longueur d’onde λ (en cm-1.l.mol-1);
-L’épaisseur l de solution traversée par le rayon de l’appareil (i.e. l’épaisseur de la cuve, en cm) ;
-La concentration c de la surface absorbante (en mol.l-1) : A = \epsilon_\lambda\cdot l \cdot c D’autre part, la définition originelle de l’absorbance est : A = \log \frac\Phi _0\Phi _1 Φ0 et Φ1 sont les flux lumineux indicent et transmis lors du passage dans le spectrophotomètre. Si le faisceau de l’appareil traverse deux solutions de coefficient ελ(1) et ελ(2) et de concentrations c1 et c2, on a : A_1 = \log \frac\Phi _0\Phi _1 = \epsilon_\lambda_1\cdot l \cdot c_1 et A_2 = \log \frac\Phi _0\Phi _2 = \epsilon_\lambda_2\cdot l \cdot c_2 Etant donné que l’absorbance est une grandeur additive, on a au final : A = A_1 + A_2= \left( \epsilon_\lambda_1 \cdot c_1 + \epsilon_\lambda_1 \cdot c_2 \right) \cdot l Courbes d'absorbances des différentes formes du BBT Appliquons donc ce principe aux indicateurs colorés. En exploitant les courbes d'absorbance des différentes formes d'un indicateur coloré, réalisées expérimentalement, on détermine la longueur pour laquelle la différence d’absorbance entre les deux formes de l’indicateur est la plus grande. Par la suite, on détermine l’absorbance à cette longueur d’onde d’une nouvelle solution, tamponnées à un pH proche de celui attendu pour le pKi. On peut utiliser les relations de Beer-Lambert pour chacune des deux solutions acides et basiques pour déterminer les coefficients d’absorption et ensuite déterminer par le calcul la concentration de chaque forme de l’indicateur : c_ = \left + \left     concentration analytique totale connue de l’indicateur, valable à tout instant A = \epsilon_\lambda_\cdot l \cdot \left    absorbance de la solution acide A = \epsilon_\lambda_\cdot l \cdot \left      absorbance de la solution basique L'absorbance de la solution en milieu tamponné, où les deux formes cohabitent, est donc donnée par : A = A_ + A_ = \left( \epsilon_\lambda_ \cdot \left + \epsilon_\lambda_ \cdot \left \right) \cdot l = \left( \epsilon_\lambda_ \cdot \left + \epsilon_\lambda_ \cdot \left( c - \left \right) \right) \cdot l est la seule inconnue, on en déduit donc aussi . Reste à déterminer le pKi du couple InH/In- : K_i = \frac \left_ \left_ \left_     et donc     pK_i = pH_ - \log \frac \left_ \left_

Aspects mécanistiques

Une espèce chimique est colorée à partir du moment où elle peut absorber sélectivement des photons à certaines longueurs d’ondes du spectre visible. Elle émet donc de la lumière visible. L’énergie d’absorption du composé est inversement proportionnelle à la longueur d’onde du maximum d’absorption, chaque longueur d’onde d’absorption correspondant à une longueur d'onde d’émission et donc à une couleur. Les molécules colorées sont constituées de l’association de deux types de groupements d’atomes :

Les groupes chromophores

Ils permettent à la molécule de se situer à des énergies d’absorption proches du visible. Il s’agit le plus souvent de systèmes d’électrons conjugués (c’est-à-dire des alternances entre orbitales σ et orbitales π, n ou p). Chaque type de transition électronique (entre orbitales π liantes, n non liantes et π
- antiliantes) correspond à des énergies d’absorption différentesRené et Eric Mahé, Didier Devilliers, « Expériences portant sur la notion d’indicateur coloré », dans le Bulletin de l’Union des Physiciens, n°801 de février 1998, pages 299-326 (tableau suivant) : Il est utile de noter que la longueur d’onde du maximum d’absorption augmente lorsque le nombre d’électrons délocalisés, et donc impliqués dans un système conjugué, augmente lui aussiClaudine Kahane (resp.), Fascicule de Cours-TD-TP de l'UE TRA122 "Les couleurs en sciences", TD2, UJF, 2006, pages 27 à 30 Lors d’un virage acide-base, un indicateur coloré change de forme. Sa nouvelle structure possède donc des énergies d’absorption différentes, sa couleur change.

Les groupes auxochromes

Les électrons non partagés de groupes appelés auxochromes tels que –OH, –OCH3, –NH2, –Cl, –N(CH3)2, peuvent se coupler aux groupements chromophores et ainsi influencer sur la couleur des molécules. C’est donc l’origine des différences entres les couleurs des composés présentant la même structure de base.

Catégories d'indicateurs de pH

Les indicateurs colorés acide-base classiques peuvent être classés principalement selon deux catégoriesDanielle Cachau-Herreillat, Des expériences de la famille Acide-Base, De Boeck, 2005, pages 71, 112-115, 132-136, 165-167, 326, 339-341 : ceux dérivant du triphénylméthane et ceux dérivant de l’azobenzène. Ces structures permettent un grand nombre de délocalisations d’électrons π, les groupements venant se greffer sur cette structure pouvant augmenter la conjugaison du système. Structure de base des indicateurs dérivants du triphénylméthane

Triphénylméthane

Plusieurs groupes fonctionnels différents peuvent se positionner en para sur les deux cycles principaux – voire le troisième assez rarement – et ce, du fait de la délocalisation de la charge positive pouvant être portée par le carbone central du triphénylméthane. Il s’agit donc généralement de bases de Lewis possédant un doublet libre d’électrons, c'est-à-dire des composés azotés ou hydrogénés. D’autres groupements peuvent se placer sur les autres positions des deux premiers cycles. On peut parfois observer la présence d’un cycle lactone R-CO-O-R' entre la position 2" et le carbone central. C’est le cas des phtaléines. Un cycle sulfonate R-SO2-O-R' est quant à lui présent entre les mêmes positions dans les molécules du bleu de bromothymol, de bromophénol, du vert de bromocrésol… Ces composés sont regroupés au sein d’une famille appelée les sulfonephtaléines (ou simplement sulfones, lorsque l’on est dans un contexte d’indicateurs de pH). |class="wikitable" border="1" cellpadding="2" width="600" !width=28%|Nom \ Position !width=8%| 2" !width=8%|2 !width=8%|3 !width=8%|4 !width=8%|5 !width=8%|2' !width=8%|3' !width=8%|4' !width=8%|5' |- |Bleu de bromothymol |align="center" |SO3- |align="center" |Me |align="center" |Br |align="center" |OH |align="center" |MeEt |align="center" |Me |align="center" |Br |align="center" |OH |align="center" |MeEt |- |Bleu de bromophénol |align="center" |SO3- |align="center" |H |align="center" |Br |align="center" |OH |align="center" |Br |align="center" |H |align="center" |Br |align="center" |OH |align="center" |Br |- |Vert de bromocrésol |align="center" |SO3- |align="center" |Me |align="center" |Br |align="center" |OH |align="center" |Br |align="center" |Me |align="center" |Br |align="center" |OH |align="center" |Br |- |Rouge de crésol |align="center" |SO3- |align="center" |H |align="center" |Me |align="center" |OH |align="center" |H |align="center" |H |align="center" |Me |align="center" |OH |align="center" |H |- |Phénolphtaléine |align="center" |CO2- |align="center" |H |align="center" |H |align="center" |OH |align="center" |H |align="center" |H |align="center" |H |align="center" |OH |align="center" |H |- |Thymolphtaléine |align="center" |CO2- |align="center" |Me |align="center" |H |align="center" |OH |align="center" |MeEt |align="center" |Me |align="center" |H |align="center" |OH |align="center" |MeEt |- |Vert de malachite |align="center" |H |align="center" |H |align="center" |H |align="center" |NMe2 |align="center" |H |align="center" |H |align="center" |H |align="center" |NMe2 |align="center" |H | Structure de base des indicateurs dérivants de l'azobenzène

Azobenzène

Nombreuses sont les molécules colorées qui ont pour structure de base celle du 1, 2-diphénylazène, plus connu sous le nom d’azobenzène. Toutefois ces composés sont bien plus connus en tant que teintures ou colorants que par leurs propriétés halochromiques. Ces molécules sont dites azoïques. De manière analogue aux dérivés du triphénylméthane, des groupements peuvent se positionner en para principalement puis en ortho et méta. Parmi ces groupements on peut trouver d’autres cycles, par exemple pour former des naphtalènes mais aussi d’autres groupes azoïques. Ces derniers engendrent des molécules qualifiées de diazoïques. Seules les indicateurs présents dans le tableau ci-dessous sont réellement utilisés malgré le grand nombre de molécules de ce type. |class="wikitable" border="1" cellpadding="2" width="410" !width=40%|Nom \ Position !width=12%|2 !width=12%|3 !width=12%|4 !width=12%|5 !width=12%|4' |- |Hélianthine |align="center" |H |align="center" |H |align="center" |SO3- |align="center" |H |align="center" |NMe2 |- |Rouge congo |align="center" |NH2 |align="center" colspan="2"|naphtyl |align="center" |SO3- |align="center" |sym |- |Rouge de méthyle |align="center" |CO2H |align="center" |H |align="center" |H |align="center" |H |align="center" |NMe2 |- |Jaune de méthyle |align="center" |H |align="center" |H |align="center" |NMe2 |align="center" |H |align="center" |H |- |Jaune d'alizarine R |align="center" |H |align="center" |CO2H |align="center" |OH |align="center" |H |align="center" |NO2 |- |

Autres composés halochromiques

Il existe bien sûr d’autres types d’indicateurs colorés. On peut citer :
- Les anthocyanines : présentes dans la nature, notamment dans le chou rouge, mais aussi dans certaines fleurs (bleuet, delphinium…) ou dans plusieurs baies (myrtilles).
- Quelques dérivés de l’anthracène, le xanthène, la pyridine ou d’autres composés polycycliques.
- Quelques composés aromatiques nitratés tel que les nitrophénols, nitrobenzènes ou nitrotoluènes.
- D’autres composés atypiques, souvent naturels et dérivant parfois des anthocyanes. Mais il faut tout de même noter que seuls les dérivés du triphénylméthane et de l’azobenzène sont utilisés en chimie à titre d’indicateur acido-basique.

Applications

Dosages colorimétriques

Les indicateurs changeant de couleur en fonction du pH, ils servent donc à repérer l’équivalence lors d’un dosage acido-basique. Considérons le dosage d’un acide AH par une base B ou le dosage de la base B par l’acide AH. La réaction acido-basique est la suivante : AH + B \rightarrow A^- + BH^+ Elle résulte des deux demi-équations des couples AH/A- et BH+/B : AH \rightleftharpoons A^- + H^+ ou AH + H_2O \rightleftharpoons A^- + H_3O^+ de constante d'équilibre K_=K_= \frac\left \left\left BH^+ \rightleftharpoons B + H^+ ou BH^+ + H_2O \rightleftharpoons B + H_3O^+ de constante d'équilibre K_=K_= \frac\left \left\left Par une étude analytique, on peut déterminer des relations entre le pH à l’équivalence, les concentrations des espèces mises en jeu et le pKA des couples. |class="wikitable" border="1" cellpadding="2" weight="500px" !Type de dosage !Exemplesde AH !Exemplesde B !pH à l'équivalence |- |Acide faible de concentration c par base forte |align="center" |RCOOH, HXO, NH4+ |align="center" |HO-, NH2+ alcoolate... |align="center" |pH = \frac pK_ + \frac pK_E +\frac \log |- |Base faible de concentration c par acide fort |align="center" |HX, HXO4, HNO3 |align="center" |RCOO-, CO32-, NH3... |align="center" |pH = \frac pK_ -\frac \log |- |Acide fort par base forte ou base forte par acide fort |align="center" |HX, HXO4, HNO3 |align="center" |HO-, NH2+ alcoolate... |align="center" |pH = 7 | Dosage de l'acide acétique 0, 1M par la soude 0, 1M. pH en fonction du volume versé. Une fois l’indicateur coloré adéquat choisi de manière à ce que sa zone de virage contienne le pH du point équivalent (P.E.)Bénédicte Nowak-Leclercq, Jean-François Le Maréchal, La chimie expérimentale - chimie générale, Coll. Sciences Sup., Dunod, Paris, 2000, p. 139-148, ISBN 2100484613, on peut donc réaliser un dosage colorimétrique. ;Exemple d’un dosage d’acide faible par de la soude (cas le plus courant) Le pH du P.E. se situant aux alentours de 9, on utilise quelques gouttes de phénolphtaléine (virage 8, 2-10), ajoutées dans le mélange réactionnel. L’équivalence se repère donc par le changement de couleur. La solution titrée est incolore dans la première partie de la manipulation. On ajoute progressivement de la soude et la solution passe au rose à l’équivalence, c’est-à-dire lorsque acide et base sont dans les proportions stoechiométriques. Les indicateurs colorés doivent posséder la particularité de posséder une très grande absorbance, même à petite dose. Ainsi, on peut les utiliser dans les dosages à une concentration pouvant descendre jusqu’à 10-6 M. On est donc certain, dans ces conditions, de pouvoir apercevoir le virage sans jamais influencer sur le pH de la solution, même si l’indicateur reste un couple acide-base. Quelques gouttes d’un indicateur peuvent finalement colorer des dizaines de mL de solution.

Colorants

Flacon d'hélianthine en teintureQuelques uns des indicateurs les plus courants sont aussi utilisés en tant que colorants organiques (textiles notamment). On peut citer le bleu de bromothymol, qui peut être utilisé comme colorant bleu ou jaune, ou encore le vert de malachite, qui est utilisé comme colorant vertSabine Chierici, Fascicules de TP de chimie organique de l'UE CHI232 "Chimie expérimentale", UJF, 2006. Chez la plupart des fournisseurs (laboratoires, établissements scolaires), (établissements scolaires), (établissements scolaires, particuliers)... les indicateurs colorés sont par ailleurs vendus sous le nom explicite de teinture lorsqu'ils sont en solutionLes indicateurs peuvent aussi être vendus directement en poudre (sels de sodium le plus souvent) (photo ci-contre).

Autres utilisations

- Les indicateurs colorés servent en chimie, outre leur utilisation pour les dosages, pour déterminer rapidement l'acidité ou la basicité d'un milieu. On préférera dans ce cas les utiliser sous la forme d'un papier pH.
- Quelques indicateurs possèdent aussi des propriétés biologiques, c'est le cas du bleu de bromophénol.

Limites d'utilisations

Les indicateurs colorés doivent être utilisés en très faibles quantités dans les mesures de pH car ils restent des composés acides ou basiques risquant d'influencer sur le pH de la solution. C'est pour cela qu'ils doivent posséder une grande absorbance. Ils ne peuvent être utilisés dans des solutions destinées à la consommation, du fait de leur toxicité, et ce, malgré leur faible concentration. De leur côté, les indicateurs naturels possèdent souvent des zones de virage très larges qui empêche toute utilisation pour une mesure de pH précise ou un dosage.

Mélanges d'indicateurs

Indicateur universel

Un indicateur universel naturel : le jus de chou rouge Le terme indicateur universel désigne un mélange d’indicateurs colorés qui a pour vocation de changer de couleur graduellement en fonction du pH. On peut ainsi obtenir rapidement une idée sur le pH d’une solution, plus précisément qu’un indicateur qui possède une voire deux zones de virage. ;CompositionBruno Fosset, Christine Lefrou, Arlette Masson, et Christophe Mingotaud, Chimie physique et expérimentale, Ermann, 2000, pages 95-97 Il existe une composition "classique" de l’indicateur universel. Elle constitue la plupart des solutions pour papiers pH variant de 0 à 14. Voici les constituants de ce mélange :
-Phénolphtaléine
-Rouge de méthyle
-Phenol-4, 4'-(3h-2, 1-benzoxathiol-3-ylidene)bis-2-bromomethyl-6-(1-methylethyl)-S, S-dioxyde
-Phenol-4, 4'-(3h-2, 1-benzoxathiol-3-ylidene)bis-5-methyl-2-(1-methylethyl)-S, S-dioxyde
-Solvant : eau/méthanol/propan-1-ol ;Echelle de teintes Un indicateur coloré universel possède aussi la particularité de suivre les couleurs du spectre de la lumière blanche lorsque le pH augmente. Certains indicateurs se rapprochent des indicateurs universels en possédant deux ou plusieurs zones de virage. C’est le cas par exemple d’un indicateur naturel, le chou rouge. Rouleau de papier pH

Papier pH

Le papier pH est en fait un papier spécial qui est imbibé d’un indicateur universel sur le site de l'académie de Grenoble. Lorsque l’on trempe un morceau de papier pH dans une solution, il prend instantanément la tonalité correspondant au pH du milieu. Les laboratoires de chimie mis à part, on croisera le papier pH dans le cabinet des médecins généralistes qui l’utilisent par exemple pour vérifier l’acidité de l’urine. Il est possible par ailleurs d'imbiber une bande de papier de n'importe quel indicateur - sans qu'il soit nécessairement un indicateur universel - puis d'ajouter quelques gouttes de la solution désirée sur cette bande. Cette technique est utilisée pour observer le changement de couleur sans avoir à mélanger l'indicateur au milieu, les indicateurs colorés étant souvent toxiques ou nocifs. Le papier tournesol est un exemple de papier n'utilisant pas d'indicateur universel. Il indique l'acidité par une couleur rouge et la basicité par une couleur bleue.

Annexes

Notes et références

Bibliographie complémentaire

-Edmund Bishop, Indicators, Pergamond Press, Oxford, New York, 1972, ISBN 0080166172
-Ferenc Szabadvary, Indicators : A historical perspective, J. Chem. Educ., 1964, 285 p.

Pour aller plus loin

Sujets connexes
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