Zosime (historien)

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Zosime est un historien grec du , auteur de Histoire nouvelle consacrée aux derniers siècles de l'Empire romain.
Zosime (historien)

Zosime est un historien grec du , auteur de Histoire nouvelle consacrée aux derniers siècles de l'Empire romain.

Biographie

Né vraisemblablement autour de l'an 460, Zosime (ou Zosimos en grec) a vécu à Byzance sous les règnes de Zénon et d'Anastase I. Il a été fonctionnaire du trésor impérial, sans doute à Byzance, et possédait le rang de comes (comte). Par déduction, les historiens estiment qu'il a rédigé son œuvre après avoir exercé ses fonctions, dans les années 500-520. Son récit prouve par ailleurs qu'il était païen à une époque où le christianisme était protégé par l'Empereur. Zosime nous apprend à ce sujet que la nouvelle religion n'était pas encore répandue dans tout l'Empire romain, le paganisme s'étant maintenu assez longtemps dans les villages après son extinction dans les villes. En dépit de ses partis pris, le travail de Zosime reste un témoignage incomparable sur la fin de l'Antiquité romaine, qui complète précieusement l'histoire d'Ammien Marcellin, lui aussi païen et d'origine grecque.

L'Histoire nouvelle

L'œuvre de Zosime, intitulée Histoire nouvelle (Ίστορία νέα en grec), s'attache à retracer les causes de l’apogée et la décadence de Rome. Zosime prétend prendre exemple sur Polybe, qui a étudié les origines de la puissance et de la splendeur de l'empire romain : il propose à son tour de montrer avec la même exactitude les évènements qui ont amené la dégradation et le déchirement de l'Empire et préparé sa ruine. Ce sujet devait être développé dans son dernier livre dont il n'existe plus que les premières pages. Si ce dernier livre représentait le même volume que chacun des cinq autres, l'histoire de Zosime devait se terminer à une époque moins reculée. Des historiens en ont conclu que Zosime écrivait vers le milieu du , voire encore plus tard. L'Histoire nouvelle est constituée de six livres. On y trouve en quelques endroits des lacunes plus ou moins longues et des erreurs de copiste, comme des confusions entre des noms propres, ou des chiffres manifestement erronés, comme au sujet de la victoire remportée par Julien l'Apostat sur les Alamans, près de Strasbourg : l'historien écrit que de ces derniers restèrent sur le champ de bataille et qu'il en périt autant dans le Rhin. Si l'auteur a ainsi décuplé un nombre, il a pu laisser d'autres erreurs dans son manuscrit.

Structure de l'histoire

- Le livre 1, après un très rapide survol de l'histoire de la Grèce antique et de la période républicaine de Rome, commence en fait avec Auguste, mais les empereurs des deux premiers siècles sont tout juste énumérés. Le récit ne prend vraiment corps qu'à partir du , fournissant notamment des détails sur les invasions germaniques et les campagnes d'Aurélien contre Palmyre.
- En raison d'une lacune, le récit du livre 1 s'interrompt avec le règne de Probus (276-282), et le livre 2 reprend avec une digression sur les Jeux séculaires puis se poursuit à partir de l'abdication de Dioclétien (305) jusqu'à la veille de l'élévation de Julien à la dignité de César.
- Le livre 3 narre le règne de Julien, d'abord César puis Auguste, et celui de Jovien (355-364).
- Le livre 4 raconte les années 364-395 (Valentinien I, Valens, Gratien, Valentinien II, Théodose I).
- Le livre 5 met en scène les évènements d'Orient de 395-404 et ceux d'Occident de 407- 409.
- Le livre 6 et dernier, très bref et inachevé, englobe le récit des évènements de quelques mois, de 409 à l'été 410, et s'interrompt peu avant la prise de Rome par Alaric.

Le témoignage sur la fin d'un monde

Bien que la conclusion de son ouvrage nous manque, on suppose que Zosime illustre la chute de l'Empire par les ravages des Goths, poussés par les Huns, et par l'occupation de l'ancienne capitale, Rome, par les Barbares. Tout au long de son récit, Zosime estime que la dégradation de la situation est due à deux causes principales :
- la négligence de Constantin, davantage préoccupé par son faste et ses plaisirs que par la sûreté des provinces frontières, dont il retira les garnisons, et par la prospérité de l'État, auquel il porta un coup funeste en transférant le siège impérial à Byzance. Le mal s'était aggravé sous Constance II, et Julien eut à peine le temps d'en réparer les effets ;
- la protection accordée à un culte nouveau, le christianisme, et l'abandon des dieux auxquels les Romains devaient depuis si longtemps leur gloire et leur prospérité. Ces conclusions sont influencées par les convictions de Zosime, sans doute l'un des derniers auteurs païens. Son texte révèle par ailleurs qu'il n'hésitait pas à accorder foi aux prodiges, aux oracles, aux causes surnaturelles, bien que ce point de vue était habituel chez de nombreux auteurs de la fin de l'Antiquité. Des historiens font pourtant valoir qu'en raison des risques qu'encourait Zosime à l'époque des empereurs chrétiens, son ouvrage n'a pu être connu qu'après sa mort.

Une version incomplète

Les lacunes remarquées dans le texte de Zosime sont anciennes, et antérieures au si l'on en juge par l'extrait qu'en donne Photius, lequel ne diffère pas de celui qui nous est parvenu. Le récit actuel n'est qu'une seconde copie mitigée ou altérée. Photius n'a pas connu la première version, qui peut-être n'existait plus de son temps. Dans sa Bibliothèque (codex 98), il indique que l'ouvrage de Zosime n'était en quelque sorte qu'un abrégé de l'histoire plus étendue d'Olympiodore et surtout de celle d'Eunape, continuateur de Dexippe. Ces abrégés, comme celui de Trogue-Pompée, par Justin, ont souvent contribué à négliger et à perdre les grands ouvrages qu'on entreprenait de réduire en de petits volumes. Photius ajoute que, comme Eunape avait écrit deux fois son livre, Zosime avait aussi recommencé le sien. Dans la première édition, les deux auteurs plaidaient la cause de l'ancienne religion et se prononçaient contre la nouvelle, alors que la seconde version réduisait nettement ces positions. Ces changements pourraient cependant avoir été inséré par un copiste chrétien. Photius loue le style précis, net et élégant de Zosime mais reproche à l'auteur de louer trop les derniers empereurs païens et de dévaloriser ceux qui avaient favorisé le christianisme, surtout Constantin et Théodose I.

Éditions anciennes

L'histoire de Zosime fut imprimée d'abord en latin au , dans une traduction de Leunclavius, avec Procope et d'autres historiens du même temps. Cette version reparut dans l'Histoire d'Auguste, vers 1600. Henri Estienne publia les deux premiers livres en grec, avec la version de Leunclavius, en 1581 et en 1611. Les six livres, en grec et latin, furent édités en 1590 par F. Sylburg avec la version et l'apologie de Zosime par Leunclavius. Cellarius publia une édition, d'abord des deux premiers livres, puis des six en 1679. Il fut le premier à diviser le texte en chapitres et à y joindre un commentaire. D'autres éditions ont été publiées au , comme celles de Th. Smith et de J.-F. Reitemeier, puis au , comme celle de L. Mendelssohn. Les versions en langues vulgaires sont celle de Louis Cousin, en français (1678), de Th. Smith en anglais (1684), de Seybold et Heyler, en allemand (1802). On trouve dans les Mémoires de l'Académie des inscriptions (1808) des Observations de Sainte-Croix sur Zosime.

Editions modernes

-Histoire Nouvelle, édition et traduction François Paschoud, 3 tomes en 5 volumes, Paris, les Belles Lettres, 1971-1989.

Voir aussi

Bibliographie

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