Magne (Grèce)

Infos
Localisation de la péninsule du Magne en Grèce Le Magne ou Mani (en grec : Μάνη) est une péninsule grecque située au sud du Péloponnèse entre le golfe de Messénie à l'ouest et le golfe de Laconie à l'est. Le Magne correspond au prolongement vers le sud des Monts du Taygète. Il est bordé au nord-est par la ville de Kalamata et ses deux principales localités sont Areópoli et Gythio. Les habitants du Magne sont les Maniotes. ---- L'origine du nom
Magne (Grèce)

Localisation de la péninsule du Magne en Grèce Le Magne ou Mani (en grec : Μάνη) est une péninsule grecque située au sud du Péloponnèse entre le golfe de Messénie à l'ouest et le golfe de Laconie à l'est. Le Magne correspond au prolongement vers le sud des Monts du Taygète. Il est bordé au nord-est par la ville de Kalamata et ses deux principales localités sont Areópoli et Gythio. Les habitants du Magne sont les Maniotes. ---- L'origine du nom actuel du Magne est discutée, mais il est généralement admis que cela pourrait venir de Manos-i qui signifie : clairsemé ; sec ; sans arbre. La plus ancienne citation de ce nom date du dans un rapport destiné à Léon VI le Sage sous la forme de Mani (Μάνη) et Maïni (Μαΐνη) pour désigner le lieu d'habitation d'un prêtre. Puis, le D.A.I. (De Administrando Imperio) de Constantin Porphyrogénète, datant de 948-956, parle des « habitant du château Mani ». Le nom est ensuite signalé comme celui d'un château croisé francLe terme de « Francs » est souvent utilisé pour désigner les Occidentaux latins qui ont occupé une partie de la Grèce, notamment le Péloponnèse. Il ne faut pas les confondre avec les Francs saliens ou ripuaires (5e - 6e siècle). construit par Guillaume II de Villehardouin en 1249 : Le Grand Magne/Megali Maïni (Μεγάλη Μαΐνη). Antérieurement le nom de la péninsule était Lakoniki. = Géographie = Traditionnellement le Magne est subdivisé entre quatre entités géographiques :
- au nord-ouest le Magne externe (Έξω Μάνη) qui dépend du nome de Messénie ;
- au sud-ouest le Magne interne (Μέσα Μάνη) ;
- à l'est le Magne supérieur (Κάτω Μάνη) ;
- et au nord Vardounia (Βαρδούνια). Ces trois dernières régions sont actuellement rattachées au nome de Laconie. Le Magne est une région aride et montagneuse. Les hivers sont relativement froids et les étés très chauds et secs. La partie sud du Magne (Magne interne et Magne supérieur) est la partie la plus aride de la péninsule. Naturellement les arbres y sont rares, le sol y est pauvre et le rocher est souvent à nu. De fait, la majorité de la végétation est constituée de petits buissons, de quelques chênes et de cultures d'oliviers. Cette aridité, s'explique en partie par la géologie du sous-sol. En effet, il est presque uniquement constitué par du marbre gris-blanc, dit marbre maniote, d'âges Crétacé à Éocène. = Histoire =

Préhistoire

Le Magne est occupé dès la période du Moustérien (Paléolithique moyen) et les fouilles effectuées dans les sites archéologiques de Kalamakia (Καλαμάκια) et de Lakonis (Λακωνίς) situés respectivement près des villes d'Aréopolis et de Gythio montrent une occupation par les hommes de Néandertal à partir de 100 000 ans avant le présent. Par ailleurs deux crânes ont été découverts dans la grotte Apidima (Απήδημα) près Aréopolis mais leur attribution à des hommes de Néandertal est incertaine. Le Magne a sans doute aussi été occupé lors du Paléolithique supérieur mais il n'y en a pas encore eu de fouilles pour cette période. En revanche l'occupation du Magne lors du Néolithique est mieux connue notamment grâce au fouilles dans la grotte d'Alépotripa (Αλεπότρυπα) à Diros (Διρος). Ces fouilles ont montré que dès cette période (4 500 à 2700 av. J.-C.) il existait des échanges de matière première (obsidienne) entre le Magne et certaines îles de la mer Égée.

Antiquité

La péninsule a continué d'être occupée durant l'Helladique ancien et moyen (3000 à 1550 av. J.-C.), puis le Magne a ensuite subi l'influence de la civilisation mycénénienne (1600 à 1100 av. J.-C). À la fin de cette période Homère cite dans l'Iliade entre autres, les villes de Oitylo et de Kardamyli qui ont gardées leurs noms jusqu'à nos jours. Les doriens se sont installé durant puis la péninsule a fait partie de la sphère d'influence de la cité-état de Sparte au même titre que le reste de la Laconie. La ville de Gythio devenant le principal port de Sparte. À la chute de Sparte au la Laconie - Magne compris - connut une courte autonomie avant de tomber sous l'influence romaine à partir du sous le nom de la Ligue des Lacédémoniens libres.

Moyen Âge

Après la disparition de l'Empire romain d'Occident en 476 l'influence de l'Empire byzantin diminua peu à peu lors de la première moitié du Moyen Âge et de fait la péninsule se retrouva isolée politiquement de Constantinople vers le - du fait de raids de pirates arabes et de l'arrivée et l'installation dans le Péloponnèse de tribus slaves et albanaises. Ces derniers ont probablement apporté avec eux une structure sociale clanique contrôlée par quelques grandes familles et qui s'est implanté surtout dans le sud du Magne. Entre le et le l'empire byzantin reprit le contrôle du Magne et entreprit la christianisation de la région. Christianisation qui n'est vraiment attestée qu'à partir du bien que quelques chapelles datent du . La région est resté longtemps une enclave du culte hellénique, profitant jusqu'alors de son isolement et de son éloignement de Constantinople. Cette influence byzantine perdurera jusqu'au pillage de Constantinople lors de la quatrième croisade en 1204. La péninsule tomba alors sous le contrôle des chevaliers vénitiens et français (tous appelés Francs par les grecs) qui y construisent trois châteaux forts pour y affirmer leur contrôle : Passava, Lefktrou et le Grand Magne (Megali Maini). le Magne fut alors une des douze baronnies de la Principauté de Morée. Vue de la côte ouest de la péninsule du Magne En 1259 Guillaume II de Villehardouin chef des chevaliers fut battu près de Pélagonia et le château du Magne et ceux de Monemvasia et de Mistra revinrent alors sous le contrôle byzantin jusqu'à la chute de Constantinople en 1453. Durant cette période le Magne dépendait alors du Despotat de Morée, subdivision de l'Empire byzantin. Le Despotat survécut de peu à Byzance jusqu'à la conquête turque du Péloponnèse central en 1460 par Mehmed II. Néanmoins le Magne ne fut pas conquis et obtins une autonomie locale en échange d'un tribu annuel au même titre que d'autres régions montagneuse du Péloponnèse. Peu après de 1463 à 1479 la famille ou clan Kladas s'allia avec les vénitiens dans leur guerre contre les turcs. De fait le Magne avait acquis une importance stratégique et cette résistance continua ensuite profitant de la perpétuelle guerre entre turcs et vénitiens ce qui permit à la région de rester relativement indépendante durant le . Durant cette période, les maniotes, profitant des nombreuses baies de leurs côtes organisèrent une véritable industrie de la piraterie pillant principalement les vaisseaux turcs. C'est aussi aussi durant cette période que débute l'architecture spécifique des maisons du Magne sous forme de tours fortifiées.

Période ottomane

En 1665, les turcs prirent le contrôle définitif de la Crète en en chassant l'allié vénitien. Puis ce fut le tour vers 1669 de la région de Vardounia. Ils choisirent alors pour gouverneur le pirate local Liberakis Yerakaris. Cette occupation partielle du Magne par les turcs induit alors une vague de réfugiés qui vinrent s'installer dans le Magne interne du fait de sa relative indépendance de fait. Cet afflux massif de réfugiés dans une contrée au ressources limités déstabilisa la région et il s'ensuivit une ère de vendetta entre les clans. C'est à cette époque que quelques familles décidèrent de partir du Magne pour s'installer sur les îles ioniennes mais aussi en Italie et en Corse y amenant coutumes, architecture, orthodoxie et langue grecque. Un village entier du Magne est venu se placer sous la protection de la République de Gênes et a fondé la ville corse de Cargèse. Cet état de vendetta permanent entre familles perdura durant tout le et la première moitié du ce qui a contribué a maintenir et développer l'architecture typique de la région. Pendant ce temps, l'empire ottoman contrôlaient les places fortes du nord de la région alors que Venise garda un temps son influence surtout dans le Magne externe où ils y reconnurent des chefs locaux en tant qu'interlocuteurs : les kapetani. Venise fut finalement chassée par les turcs et en 1715 et le Magne dû de nouveau payer tribut et rester neutre. Il semble toutefois que durant cette période l'occupation turque était symbolique sauf dans la région de Vardounia. En échange de faibles taxes, le contrôle de fait de la région était laissé aux kapetani et chefs de clans. En 1770 Catherine II de Russie, en guerre contre l'empire ottoman envoya des forces dans le Magne dirigées par les frères Alexeï et Grigori Orlov (voir l'article Révolution d'Orloff). Ces derniers rencontrèrent l'influente famille kapetani Mavromichalis (Μαυρομιχάλης) près d'Aréopolis. Une attaque combinée contre les turcs fut décidée mais ce fut un relatif échec suivi d'un départ des russe et d'un retour au Statu Quo. Mais cet épisode contribua à augmenter l'influence et le prestige de la famille Mavromichalis dans le Magne. C'est peut après en 1776 que l'empire décida de mettre en place le système des Beys rendant responsable un des kapetani de la collecte du tribut annuel et des actes des maniotes. Néanmoins, ce dernier gardait une grande indépendance d'action.

De l'indépendance à nos jours

Drapeau du Magne. « La Victoire ou la Mort » Entre 1776 et 1821 l'empire ottoman laissa le contrôle du Magne aux Beys successifs mais cela n'empêchait nullement piraterie, vendetta et rébellion anti-turque. Le dernier Bey fut Petros Mavromichalis qui s'allia avec d'autres leaders nationalistes grecs au seins de la société secrète Filiki Eteria puis déclara l'indépendance de la Grèce le 17 mars 1821 à Aréopolis. Les maniotes participèrent activement à l'indépendance de la Grèce au cri de la «la victoire ou la mort». Leur principaux faits d'armes étant la prise de Kalamata le 23 mars suivie le de la prise de la forteresse de Monemvasia associés aux tsakoniens. Une fois l'indépendance de la Grèce acquise de fortes tensions apparurent entre Petros Mavromichalis et Ioannis Kapodistrias gouverneur du nouvel état grec en formation. En effet ce dernier voulait accroître l'influence du pouvoir central et limiter l'influence des kapetani et des clans qu'il considérait comme illégale. Après une tentative de négociation Petros Mavromichalis fut emprisonné en 1831 par le gouverneur créant ainsi une offense vis-à-vis du clan Mavromichalis. De fait, le 9 octobre de la même année, un des frères et le neveu de Petros assassinèrent Ioannis Kapodistrias sur les marches de l'église Saint Spyridon à Nauplie. Ce meurtre fut désapprouvé par Petros et ce dernier fut libéré en 1832 par le tout nouveau roi Othon I élu suite à la conférence de Londres. Ce dernier acceptant une relative indépendance du Magne. En 1852 il y eut de nouvelles perturbation liée à la révolution contre Othon I, de même en 1862-1863. Ce n'est qu'en 1870, après la victoire de premier ministre Alexandros Koumoundouros contre la résistance locale que l'autonomie locale du Magne fut abolie. Celui-ci fut alors partagé entre les nouvelles administration des nomes de Laconie et de Messénie. Puis, le Magne a doucement été abandonné par ses habitants du fait de l'exode rural au profit d'Athènes. Cet exode a été particulièrement important dans les années 1960 provoquant l'abandon de maisons voire de villages entiers. Ce n'est que depuis 1970 avec la création de routes carrossables et l'apparition timide du tourisme que la région connaît un nouvelle phase de développement économique. Cet exode, associé à la fin de l'isolement du Magne a provoqué la fin du clanisme et des vendettas, sauf pour une petite mafia surtout active à Athènes. Depuis les années 1990 on assiste a un certain regain de la région avec une amplification du tourisme et l'installation de résidences secondaire en bord de mer construites principalement par d'anciens maniotes habitant Athènes. = Économie = L'économie du magne est assez limitée. Elle est presque exclusivement basée de nos jours sur le tourisme avec des Hôtels, des chambres d'hôtes, des restaurants et quelques boutiques de souvenirs. Le reste de l'économie est constituée par de petits «supermarchés» et commerces associée a l'agriculture. Cette agriculture héritière du passée est répartie dans l'élevage, la pêche (pour les restaurants de poisson) et bien sûr la fabrication d'huile d'olive. Les oliveraies constituées de la variété locale Koroneiki sont nombreuses et parfois cultivées en terrasse le long des pentes des montagne et des falaises côtières. C'est selon certains une des meilleurs huile d'olive de Grèce surtout dans le Magne interne et supérieur du fait de leur sous-sol particulier en marbre. = Culture = La culture du Magne se différencie peu de nos jours de celle du reste de la Grèce moderne à l'exception notable de son architecture. Le Magne se distinguait aussi par de nombreuses tradition guerrières mais elles ont aujourd'hui disparues : piraterie, clanisme et vendetta. Néanmoins il existe encore quelques traits distinctifs héritiers du passé isolé et clanique de la région :
- des danses, chansons et fêtes locales
- quelques plat régionaux dont le Siglino, une viande de porc en salaison
- la possession d'une ou plusieurs armes dans les familles
- et l'utilisation des dites armes pour fêter le baptême d'un garçon =
Sujets connexes
Albanais   Alexandros Koumoundouros   Alexeï Orlov   Années 1960   Années 1990   Architecture   Archéologie   Areópoli   Athènes   Cargèse   Catherine II de Russie   Chambre d'hôtes   Chevalerie   Christianisme   Château fort   Chêne   Clan   Constantinople   Corse   Croisade   Crète   Crétacé   Despotat de Morée   Doriens   Drapeau   Empire byzantin   Empire ottoman   Empire romain d'Occident   Exode rural   Francs   Grec moderne   Grigori Orlov   Grèce   Guerre d'indépendance grecque   Guillaume II de Villehardouin   Gythio   Géologie   Helladique   Homme de Néandertal   Homère   Huile d'olive   Hôtel   Italie   Kalamata   Kapodistrias   Laconie   Marbre   Mehmed II   Mer Égée   Messénie   Mistra   Monemvasia   Moustérien   Mycènes   Nauplie   Néolithique   Obsidienne   Olivier (arbre)   Orthodoxie   Othon Ier de Grèce   Paléolithique moyen   Paléolithique supérieur   Petros Mavromichalis   Pélagonie   Péloponnèse   Péninsule   Quatrième croisade   Religion grecque antique   Restaurant   Rome antique   Révolution d'Orloff   Slaves   Sparte   Taygète   Tourisme   Vendetta (justice privée)   Venise  
#
Accident de Beaune   Amélie Mauresmo   Anisocytose   C3H6O   CA Paris   Carole Richert   Catherinettes   Chaleur massique   Championnat de Tunisie de football D2   Classement mondial des entreprises leader par secteur   Col du Bonhomme (Vosges)   De viris illustribus (Lhomond)   Dolcett   EGP  
^