Ypres

Infos
Ypres (en néerlandais Ieper, en allemand Ypern) est une ville et commune néerlandophone de Belgique située en Région flamande, chef-lieu d'arrondissement en province de Flandre-Occidentale. Elle est située au Nord-ouest de la Belgique dans la région du Westhoek. La ville compte 36 120 habitants, ce qui en fait la 5 ville de Flandre-Occidentale.
Ypres

Ypres (en néerlandais Ieper, en allemand Ypern) est une ville et commune néerlandophone de Belgique située en Région flamande, chef-lieu d'arrondissement en province de Flandre-Occidentale. Elle est située au Nord-ouest de la Belgique dans la région du Westhoek. La ville compte 36 120 habitants, ce qui en fait la 5 ville de Flandre-Occidentale.

Histoire d'Ypres

La ville d'Ypres a pris naissance autour d'un domaine carolingien et d'un marché éloignés l'un de l'autre d'environ 600 m. Au XIe siècle, ces deux centres avaient pratiquement fusionné pour former un bourgOctaaf Mus, De stedelijke ontwikkeling van de Middeleeuwen tot 1914, in Omtrent de vestingstad Ieper (1992, éd. par H. Stynen & J.M. Duvosquel), Bruxelles, Gemeentekrediet van België & Koning Boudewijnstichting, p. 6. doté d'attributions administratives, puisqu'un burgrave y gouvernait la châtellenie d'Ypres au nom du comte de Flandres. Ce fut la ville natale de Guillaume d'Ypres, un capitaine de mercenaires qui combattit avec succès aux côtés du roi Étienne d'Angleterre contre l'impératrice Mathilde.

La cité drapière médiévale

C'est au XIIe siècle qu'Ypres devint florissante. En tant que troisième ville de Flandres (derrière Gand et Bruges), Ypres fut appelée à jouer un rôle de premier plan dans l'histoire du comté. Son marché annuel avait un rayonnement européen, et elle devint pour un temps la seconde plus importante ville de la Hanse flamande de LondresCf. art. « Ieper », dans « Grote Winkler Prins. Encyclopedie in 26 delen » (1990), éd. Elsevier, Amsterdam, vol. XII, p. 47. La première ville de la hanse londonienne était alors Bruges. ; dès le début du XIIe siècle, Ypres commerçait avec Novgorod, l'Angleterre, les villes de Champagne, l'Italie et les pays du LevantOctaaf Mus, op. cit., p. 8.. C'était aussi avec Arras l'un des grands centres artisanaux de la draperie, dont le commerce était alors des plus lucratifs, et pendant tout le XIIe siècle la capitale du drap en FlandresIbid., p. 8.. L'artisanat du drap (de laine) atteignit son apogée vers 1250. Ypres pouvait être facilement approvisionnée avec une laine de haute qualité, qui était acheminée par bateaux sur l'Yser et l'Ieperlee (qui n'est plus aujourd'hui navigable) depuis la côte où les moutons étaient élevés, puis vendus sur les faubourgsCf. art. « Ieper », dans « Grote Winkler Prins. Encyclopedie », p. 47.. Ypres rejoignit la scabini Flandriæ, une ligue de villes du nord qui, par suite de l'invasion française entre autres, se réduisit finalement à quatre membres : Gand, Bruges, Ypres et Brugse Vrije. Ypres y conserva son droit de vote jusqu'en 1678. La cité drapière fut affectée par la plupart des conflits qui agitèrent le Moyen-Âge, parmi lesquels la bataille des éperons d'or, la bataille de Mons-en-Pévèle, la paix de Melun qui suivit la bataille de Bouvines, la bataille de Cassel. Le déclin de l'artisanat du drap s'amorça, comme un peu partout en Flandre, au tournant du XIVe siècle. La ville demeura malgré tout un centre administratif et hospitalier majeur. Les premières fortifications semblent dater de 1385 : une partie en est encore visible près de la Porte de Lille (Rijselpoort). La célèbre Halle aux draps date du XIIIe siècle. C'est vers cette époque qu'on précipitait les chats, qui symbolisaient alors le Malin et la sorcellerie, hors de la Halle aux draps, sans doute pour signifier par cet acte que les transactions seraient vierges de toute action maléfique. Ce rituel est commémoré aujourd'hui par la « fête du chat » triennale. La concurrence avec la laine anglaise et hollandaise, la guerre avec la France, les jacqueries, le siège de la ville et un bombardement soutenu par l'armée anglaise en 1383, la grande peste de 1347 et les épisodes de disette accablèrent YpresOctaaf Mus, op. cit., pp. 8-12., dont la production manufacturière chuta à 50% de ce qu'elle était en 1300Octaaf Mus, op. cit., p. 13.. La ville ne parvint pas à préserver ses débouchés commerciaux aussi bien que d'autres villes flamandes (Bruges, par exemple). L'effondrement économique et les épidémies provoquèrent l'exode de la plus grande partie des familles ouvrières au XVe siècle. La peste ravagea encore la ville à de nombreuses reprises entre le XIVe et le XVIIe siècleL'expression flamande « j'ai l'air d'un mort d'Ypres » ('hij ziet eruit als de dood van Ieperen'), c'est-à-dire « je suis livide », fait allusion à l'épidémie de 1347..

L'échevinage

La ville était administrée par un bailli et des échevins. Ces magistrats étaient assistés par un Grand Conseil. Les échevins, après un mandat de deux ans, devaient attendre une année avant de pouvoir présenter à nouveau leur candidature à cet office. Ils pouvaient toutefois conserver une activité politique dans l'intervalle en siégeant au Grand ConseilP. Trio, « Bestuursinstellingen van de stad Ieper (12e eeuw - 1500) », in « De gewestelijke en lokale overheidsinstellingen in Vlaanderen tot 1795 » (1997), sous la dir. de W. Prevenier et B. Augustyn, Bruxelles, Algemeen Rijksarchief, p. 335.. Au Moyen-Âge, l'échevinage était pratiquement détenu par une oligarchie de quelques familles. Contrairement à d'autres villes flamandes, un mandat d'échevin pouvait être détenu par la même personne pendant plusieurs années : tant que l'on restait fidèle au comte de Flandres, la charge était pérenne. Le Grand Conseil était composé du bailli, des échevins, et de 27 conseillers, dont quatre représentants des quartiers, quinze représentants de la bourgeoisie et cinq représentants des artisans (tisserands et foulons essentiellement)P. Trio, ibid. », p. 344.. Le collège des échevins était composé (en tout cas au XVIIe siècle) pour l'essentiel d'aristocrates, seigneurs et chevaliers, ce qui peut s'expliquer de la façon suivante : on sait qu'au cours du Moyen-Âge, 75% des échevins se consacraient au commerce et à l'artisanat ; à la chute de Charles le Téméraire, tous les échevins étaient devenus propriétaires de terres, et en 1521, les trois quarts de ces échevins vivaient de rentes foncières et des tenures. C'est ainsi que les artisans devinrent minoritaires au sein du Grand Conseil. Enfin il faut ajouter que, contrairement aux autres villes de Flandre, l'échevinage employait des clercs rémunérés. Ces fonctionnaires, qui devaient prêter serment, assuraient l'interim du collège des échevins.

Réforme et Contre-Réforme

À la fin du XVe siècle, la ville commença à se repeupler. Des tisserands possédant leur propre métier à tisser s'y installèrent.  Ils amenaient une nouvelle mentalité, faite de curiosité et de foi intériorisée (devotio moderna). Ces nouveaux citoyens grossirent les rangs de la vague évangélique. En 1525, les échevins de la ville mirent en application le programme politique proposé par le philosophe Juan Luís Vives, particulièrement la mise à contribution des congrégations pour le traitement social de la mendicité. Cette initiative, combattue par la Franciscains, fut finalement sanctionnée favorablement par la Sorbonne et l'empereur Charles Quint. C'est à Ypres, en 1566, que prirent naissance les premiers troubles de la fureur iconoclaste aux Pays-BasOctaaf Mus, op. cit., p. 14.. Ce déchaînement de violence gagna rapidement les provinces du nord. Ypres, comme Bruges, tomba aux mains des calvinistes gantois en 1577. Le parti protestant conserva le pouvoir jusqu'en 1583, lorsque Farnèse envahit les Pays-Bas. Dès 1559, suite au Concile de Trente, Ypres était devenu siège d'un évêché, suscitant l'arrivée de plusieurs congrégations religieuses. Elle eut notamment pour évêque Cornelius Jansen, dit Jansenius, le père du jansénisme. La ville retrouva une certaine prospérité au début du XVIIe siècle : on le voit à la recrudescence de construction d'édifices en pierreOctaaf Mus, op. cit., p. 15.. Ce n'est qu'à ce moment qu'on songea à reprendre les fortifications de la ville.  Depuis Ypres, il était facile de contrôler tous les ports du littoral flamand : Nieuport, Bruges, Ostende, Furnes, et surtout DunkerqueOctaaf Mus, op. cit., p. 16.. Les Espagnols abattirent les vieilles murailles médiévales et entourèrent la ville d'un enceinte bastionnée, ce qui n'empêcha pas les Français de s'emparer d'Ypres, d'abord en 1658, p 166, puis à nouveau le 25 mars 1678Barros et alii, p 167 par les traités de Nimègue. Le rattachement de Ypres à la France est une conséquence de la bataille de la Peene livrée à Noordpeene un an plus tôt. Vauban, qui avait pu juger des défauts du dispositif en place, modifia à son tour profondément les ouvrages d'enceinte : il s'agissait pour lui d'une place frontière du « Pré carré ». La ville abrita dès lors une importante garnison (5 000 hommes), à laquelle toutes les activités manufacturières et commerciales étaient subordonnéesOctaaf Mus, op. cit., p. 18.. Il se mit en place une économie autarcique et surtout très dépendante du contexte politique et militaire. Lors des Traités d'Utrecht (1713), la ville fut finalement rattachée avec sept autres villes de Flandre aux Provinces-Unies. En 1782, l'empereur Joseph II ordonna le démantèlement des fortifications. Cette décision facilita la prise de la ville par les Républicains français en 1794.

Première Guerre mondiale

Ypres en 1919 Halle aux draps (Lakenhal) d'Ypres (11 octobre 2004) Ypres est tristement célèbre pour le premier usage de gaz chlorique dans une bataille du front de l'Ouest, lors de la Deuxième bataille d'Ypres, le 22 avril 1915. Ypres a aussi été le site du premier usage militaire du gaz moutarde, lors de la Troisième bataille d'Ypres en juillet 1917. On lui a donné, pour cette raison, le nom d'ypérite.

Géographie

Ville de plaine, Ypres fut longtemps la plaque tournante du commerce entre la côte flamande distante de 60 km et ses ports de commerce (Dunkerque, Furnes, Nieuport, Ostende et Bruges avant l'ensablement) d'une part, et la route des foires de Champagne. Desservie par quelques grandes routes, située au cœur d'un réseau de rivières et de canaux (la plupart impropres à la navigation moderne), cette ville opulente contrôlait l'accès à la mer du Nord, et ce fut encore le cas au début de la Première guerre mondiale.

Démographie

Les archives d'Ypres ayant été détruites lors des bombardements allemands au début de la Première guerre mondiale, les chiffres qui suivent, subordonnés aux publications d'historiens amateurs et d'érudits du XIXe siècle, doivent être considérés avec précaution.

Jumelage

- Saint-Omer (Pas-de-Calais), France
- Lehrte, Allemagne
- Siegen, Allemagne

Anciennes communes faisant partie d'Ypres

Boezinge, Brielen, Dikkebus, Elverdinge, Hollebeke, Sint-Jan, Vlamertinge, Voormezele, Zillebeke et Zuidschote

Monuments

- la grand-place
- la Halle aux draps (Lakenhal)
- la cathédrale Saint Martin
- la porte de Menin (Menenpoort)
- le "Last Post", tous les soirs à depuis l'armistice: hommage aux victimes des guerres au son du clairon, sous la porte de Menin.
- la promenade sur les remparts construits par Vauban. Peut se faire au départ de la porte de Menin.
- la "maison Biebuyck" (1544) - Diksmuidsestraat 48
- le musée de la guerre "In Flanders Field" dans les halles.
- le musée Merghelynck (XIXe siècle) - A. Merghelynckstraat 2

Fêtes

- la fête des chats ou "Kattenstoet" qui a lieu tous les 3 ans (le prochain en mai 2009)

Voir aussi

Articles de Wikipédia

- Première bataille d'Ypres
- Seconde bataille d'Ypres
- Bataille de Passchendaele ou troisième bataille d'Ypres
- Bataille de la Lys ou quatrième bataille d'Ypres
- Conférence d'Ypres

Lien externe

-

Sources

-
-H. Stynen, J.M. Duvosquel (éd.), « Omtrent de vestingstad Ieper » (1992), Bruxelles, Crédit mutuel de Belgique et Fondation roi Baudouin.

Notes

Catégorie:Commune de la province de Flandre occidentale Catégorie:Ville de la province de Flandre occidentale Catégorie:Beffroi de Belgique et de France Catégorie:Chantier de Vauban br:Ieper cs:Ypry da:Ieper de:Ypern el:Υπρ en:Ypres eo:Ipro es:Ypres et:Ieper id:Ieper it:Ypres ja:イープル la:Ypra lv:Ipra nds:Ieper nl:Ieper no:Ieper pl:Ypres pt:Ypres ro:Ypres ru:Ипр sv:Ieper vls:Yper vo:Ieper
Sujets connexes
Alexandre Farnèse (1545-1592)   Allemagne   Allemand   Arras   Arrondissement administratif d'Ypres   Bailli   Bastion   Bataille de Bouvines   Bataille de Cassel   Bataille de Mons-en-Pévèle   Bataille de Passchendaele   Bataille de la Lys (1918)   Bataille de la Peene   Belfort   Belgique   Bruges   Burgrave   Calvinisme   Charles le Téméraire   Commune de Belgique   Concile de Trente   Conférence d'Ypres   Devotio moderna   Diable   Dunkerque   France   Furnes   Gand   Gaz moutarde   Groen!   Guillaume d'Ypres   Iconoclasme   Ieperlee   Jacquerie   Jansénisme   Juan Luís Vives   Lehrte   Luc Dehaene   Mathilde l'Emperesse   Menin   Métier à tisser   Nieuport   Noordpeene   Novgorod   Néerlandais   Oligarchie   Ostende   Peste   Première Guerre mondiale   Première bataille d'Ypres   Protestantisme   Province de Flandre-Occidentale   Provinces-Unies   Région flamande   Saint-Omer (Pas-de-Calais)   Saint Martin   Siegen   Sorcellerie   Sébastien Le Prestre de Vauban   Tenure   Traités d'Utrecht (1713)   Ville de Belgique   Vlaams Belang   Westhoek   Yser  
#
Accident de Beaune   Amélie Mauresmo   Anisocytose   C3H6O   CA Paris   Carole Richert   Catherinettes   Chaleur massique   Championnat de Tunisie de football D2   Classement mondial des entreprises leader par secteur   Col du Bonhomme (Vosges)   De viris illustribus (Lhomond)   Dolcett   EGP  
^