Pangermanisme

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Le pangermanisme est un mouvement politique du visant l'unité de tous les germanophones d'Europe, ou identifiés comme tels par les penseurs de cette théorie : lui correspond la volonté de mettre en place la Grande AllemagneCependant, le nationalisme allemand du se bâtit sur le concept de Kleindeutschland (petite Allemagne) dominée par la Prusse, par opposition à l'idée pan-germanique de Grossdeutschland, excluant ainsi volontairem
Pangermanisme

Le pangermanisme est un mouvement politique du visant l'unité de tous les germanophones d'Europe, ou identifiés comme tels par les penseurs de cette théorie : lui correspond la volonté de mettre en place la Grande AllemagneCependant, le nationalisme allemand du se bâtit sur le concept de Kleindeutschland (petite Allemagne) dominée par la Prusse, par opposition à l'idée pan-germanique de Grossdeutschland, excluant ainsi volontairement l'Autriche., c'est l'expression traduite de Grossdeutschland en allemand, provenant du latin Magna Germania, qui désigne la Germanie antique. Sur cette carte figurent les zones de peuplement germanophones telles qu'identifiées en 1937. Les Hollandais sont assimilés par proximité linguistique. Les peuples germano-baltes, peuplement à l'extrême pointe du Drang nach Osten, sont le résultat de la colonisation la plus ancienne : 1170 : Histoire de la Lettonie .

Origines : naissance du nationalisme allemand

Les origines du pangermanisme remonteraient au début des années 1800, suite aux guerres napoléoniennes. Ces guerres déclenchèrent un mouvement social né en France même suite à la Révolution française : le nationalisme. Le nationalisme était une menace sérieuse pour les anciens régimes aristocratiques. En effet, la plupart des groupes ethniques de l'Europe centrale étaient divisés par les frontières des empires des vieilles dynasties des Romanov et des Habsbourg. Les Allemands, de leur côté, étaient un peuple sans unité politique depuis la Réforme, lorsque le Saint Empire romain germanique fut divisé en une série de petits États indépendants. Les nouveaux nationalistes allemands, principalement de jeunes réformistes, désiraient réunir l'ensemble du peuple partageant l'ethnie et la langue allemande, les Volksdeutschen. Dans une Europe dominée par Napoléon Ier se regroupent autour de la Prusse des patriotes allemands dans une guerre patriotique et nationale que l'on appelle très vite guerre de libération (Befreiungskriege). Apparaissent alors toute une série de libelles et de textes réclamant la constitution d'un État allemand groupant tous les peuples parlant la langue allemande, incluant au besoin des peuples en dehors de ce qui était jusqu'en 1806 le Saint Empire. Ainsi se développe le “Volkstum”, rassemblement de tous les hommes de même langue, de même culture. Johann Gottlieb Fichte évoque dans ses Discours à la nation allemande la "puissante nationalité allemande", et le "volkgeist" (esprit du peuple) allemand.

Prusse, Autriche et nationalisme

Lorsque la concrétisation du pangermanisme à l'Est enclenche l'esprit de revanche à l'Ouest : le contentieux principal entre les deux nations était territorial : l'intégration de l'Alsace et de la Moselle dans l'Empire allemand, que le successeur Guillaume II d'Allemagne entérine par la restauration dans le style médiéval du château du Haut-Kœnigsbourg, sur lequel sont placées ses armoiries. Symboliquement, cette place forte garde les marches de l'Empire. Côté français, la cession liée à la paix de 1871 porte atteinte à l'intégrité territoriale nationale, 'esprit de revanche' se forge sur cette perception d'une amputation qui ne doit pas rester ainsi. Dans les années 1860, les deux plus puissant États germanophones étaient la Prusse et l'Autriche, et ces deux puissances cherchaient à étendre leurs territoires et leur influence. La structure multi-ethnique de l'empire autrichien était toutefois critiquée par des germanophones vivant à l'intérieur comme à l'extérieur des frontières de l'empire. C'est pour affirmer sa multi-ethnicité que l'empire s'est redéfini comme l'Empire Austro-Hongrois. La Prusse, sous Otto von Bismarck, utilisa de son côté le nationalisme pour réunir l'ensemble du territoire qui forme l'Allemagne moderne. L'empire germanique, le Deuxième Reich, fut achevé en 1871 suite au couronnement de Guillaume I à la tête d'une union d'États germanophones. Cependant, de nombreux Allemands habitaient toujours à l'extérieur du nouvel empire. Ces groupes utilisèrent le sentiment nationaliste germanique pour tenter une unification de leur territoire avec la mère-patrie. L'Autriche et les Sudètes devinrent donc au centre de la controverse. De nombreux Autrichiens commencèrent à avoir du ressentiment pour la diversité ethnique de leur propre empire. Se définissant eux-mêmes comme les descendants des Bavarois, qui conquièrent et s'établirent dans la région, de nombreux d'entre eux appuyèrent la séparation de l'empire des Habsbourg pour rejoindre le nouvel empire germanique.

Débuts du pangermanisme

Prétentions territoriales de l'Empire allemand telles qu'exprimées en 1915. "Le futur de l'Allemagne" ; railleries publiées à des fins de propagande dans un pamphlet britannique au début de l'année 1917. Le pangermanisme, à proprement parler, prend corps dans les années 1890. Selon certain, il ne faut pas confondre le « sursaut national » de 1814 cité plus haut et même la politique bismarckienne, plus prussienne que germanique, avec le pangermanisme. Ce mouvement prend d'ailleurs corps en réaction à la pensée bismarckienne, centrée avant tout sur la Prusse. Bismarck s'appuyait de plus sur des alliances à l'Est qui lui interdisait toute velléité d'expansion en Europe centrale et orientale. Jusqu'à la Première Guerre mondiale, on distingue deux types de pangermanismes : la version continentale et la version coloniale. En effet, à l'image des autres grandes nations européennes, l'Allemagne veut se doter d'un empire colonial. L'une des expressions politiques majeures en Allemagne lors de cette phase est l'émergence du parti s'intitulant « Ligue Pangermanique ». Ce parti qui défend le Volkstum (l'esprit de la race), influence le jeune Adolf Hitler. Ce parti extrémiste resta toutefois très minoritaire en Allemagne.

Le pangermanisme après la Première Guerre mondiale

Après la Première Guerre mondiale, l'influence de l'Allemagne en Europe fut considérablement réduite et ébranla les rêves d'empire colonial pour les pangermanistes. L'Allemagne était humiliée et l'empire austro-hongrois fut divisé en de nombreux États. La création de la Pologne, de la Tchécoslovaquie, de la Hongrie, ainsi que l'expansion de la Roumanie séparèrent de nouveau le peuple allemand, après avoir été presque entièrement réuni sous les deux empires autrichien et allemand. De nombreux États slaves nouvellement formés étaient préjudicieux envers leurs minorités germanophones, spécialement dans les territoires contrôlés anciennement par l'empire austro-hongrois. Des actes de racisme et d'oppression furent recensés. Hitler et le Pangermanisme L'idée de pangermanisme n'en a pas pour autant disparu et des penseurs et écrivains s'efforcent à la définir et à l'expliquer. En 1915, Friedrich Naumann publie la fameux Mittel Europa. En 1916, André Chéradame, dans l'ouvrage intitulé Le plan pangermaniste démasqué, décrit avec précision une autre vision du pangermanisme. En effet, d'après cet auteur, le pangermanisme n'a pas pour but de réunir des populations qui ont une langue germanique mais il vise, en dehors de toute question de langue ou de race, à absorber les diverses régions dont la possession est considérée comme utile à la puissance des Hohenzollern. En 1926, Hans Grimm vulgarise l'expression d'« espace vital » (Lebensraum). Adolf Hitler est en phase avec cette famille de pensée, comme le montre clairement Mein Kampf (Mon Combat, 1925). Adolf Hitler, après avoir pris le pouvoir, entama une politique radicale appliquant le pangermanisme en faisant main basse sur tous les territoires décrétés « germaniques ». Les Sudètes, une région de l'actuelle République tchèque, étaient au centre de la controverse. En effet, majoritairement germanophone, le territoire avait été donné à la Tchécoslovaquie comme zone tampon afin de prévenir une future agression allemande. Hitler utilisa « l'oppression » des Allemands en Europe de l’Est pour justifier une invasion. À la fin de 1938, le sort des Sudètes fut débattu lors de la conférence de Munich. La région, où vivaient environ 3 millions d'Allemands, fut finalement cédée au Troisième Reich. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les Autrichiens, Sudètes, Alsaciens-Lorrains, Allemands de Transylvanie et Allemands de la Mer Baltique furent tous sous le contrôle du troisième Reich et le rêve pangermanique fut finalement réalisé. Mais cet état de fait ne comportait pas que des avantages aux populations germaniques. En effet, les Nazis réinstallèrent des Allemands à travers toute l'Europe à leur guise, sans tenir compte de l'avis et des désirs de ces Allemands de l'Est.

Disparition du pangermanisme

Carte précisant les pertes territoriales issues des traités de paix de 1919 et 1945. La défaite de 1945 mit fin aux rêves de pangermanisme de la même façon que la Première Guerre mondiale provoqua la disparition du panslavisme. Les Allemands d'Europe de l’Est furent expulsés brutalement et l'Allemagne même fut dévastée, puis divisée politiquement entre République fédérale d'Allemagne (ouest) et République démocratique allemande (est). Nationalisme et pangermanisme devinrent des sujets tabous en raison de leur connotation nazie. Mais la réunification du pays en 1990 après la chute du mur de Berlin a ravivé les vieux débats. La peur du passé demeure toutefois forte et explique la crainte que les Allemands eux-mêmes ont d'un « Volksdeutschen » uni. Il existe actuellement d'importantes populations germanophones à l'extérieur de l'Autriche et de l'Allemagne : en Suisse, en Belgique, en France, en Europe de l'Est et dans l'ex-Union soviétique, même si de nombreux germanophones ont recherché la citoyenneté allemande après l'écroulement du bloc communiste. Aujourd'hui, l'idée même d'unification de l'Autriche et de l'Allemagne ravive le douloureux souvenir du nazisme et rend peu probable une telle union dans un avenir proche. De même, Allemands et Autrichiens ont des cultures (dialecte, mode de vie…) qui diffèrent à un point tel qu'il est assez incorrect de confondre les Allemands et les Autrichiens.

Voir aussi

Bibliographie

Deutschland über alles - Le pangermanisme 1890-1945, Michel Korinman, Fayard, 1999

Références

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Sujets connexes
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