Politesse

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La politesse, du latin politus qui signifie uni, lisse, brillant, regroupe un ensemble de comportements sociaux entre individus visant à exprimer la reconnaissance d'autrui, de son droit à être différent et à être traité en tant que personne ayant des sentiments.
Politesse

La politesse, du latin politus qui signifie uni, lisse, brillant, regroupe un ensemble de comportements sociaux entre individus visant à exprimer la reconnaissance d'autrui, de son droit à être différent et à être traité en tant que personne ayant des sentiments.

Définition

La politesse est définie par un code. Elle est comme un ensemble de règles acquises par l'éducation. Elle comporte une double finalité : faciliter les rapports sociaux en permettant à ceux qui en usent d'avoir des échanges respectueux et équilibrés ; faire la démonstration de son éducation et de son savoir-vivre. Au cours des siècles, certaines règles de politesse se sont figées alors que d'autres évoluaient. De tous temps, des auteurs ont formalisé et rassemblé ces règles dans des traités dits "de civilité" (autrefois) ou "de savoir-vivre" (aujourd'hui). La politesse se traduit tous les jours par l'utilisation de certains termes comme bonjour, au revoir, s'il vous plaît, ou merci, et par des attitudes spécifiques : sourire à qui vous parle, adapter sa tenue aux circonstances…

Formes de politesse

La politesse se donne à voir par des manifestations verbales (formules consacrées) ou comportementales (gestes et attitudes). À première vue, elle peut apparaître comme une suite de prescriptions et proscriptions un peu disparates. Quelques exemples issus de différents traités :
- dans les transports en commun, on se doit de proposer sa place assise à une personne plus âgée ;
- lorsqu'on croise un aîné sur un trottoir étroit, on lui laisse le passage en quittant le trottoir ;
- dans les lieux publics, notamment dans la rue, on ne crache pas ;
- le vouvoiement marque la politesse d'un interlocuteur envers une personne inconnue ou plus âgée ;
- les enfants ne doivent pas interrompre leurs parents lorsqu'ils parlent ;
- on ne dérange pas une personne quand elle est en communication téléphonique ;
- on doit retenir la porte à la personne qui passe juste derrière soi… Selon Dominique Picard (professeur de psychologie sociale spécialiste de la politesse), la politesse représente en réalité un système cohérent reposant sur quelques principes fondamentaux comme le respect (de soi et des autres), l'équilibre, l'engagement, l'échange… Ces principes se retrouvent aux fondements de toutes les formes de politesse (celles des grandes cultures, comme celles des micro-cultures). C'est pourquoi cet auteur a divisé les règles de politesse en "règles de surface" (qui changent selon les époques et les cultures) et "règles profondes" qui, elles, sont universelles et intemporelles parce que nécessaires à la vie en communauté.

Formules de politesse

Lors de la rédaction d'une correspondance, une formule de politesse est une phrase ajoutée pour marquer la déférence vis-à-vis du destinataire. Les formules de politesses sont plus ou moins convenues et solennelles : J'ai l'honneur de…, Je vous prie d'agréer l'expression de mes sentiments distingués…, etc. Elles se placent en fin de lettre. Lorsqu'on choisit une formule de politesse "traditionnelle" du type "veuillez agréer, Monsieur, mes salutations distinguées", on doit reprendre la formule d'appel (ici, "Monsieur", mais cela peut-être "très cher Maître", ou "chère Madame". On doit choisir la formule de politesse selon la personne à qui l'on s'adresse : seul un supérieur parle de "considération distinguée" ; dans une position subordonnée, on enverra ses "salutations respectueuses", voire son "profond respect". De plus en plus, on tend à utiliser des formules plus sobres et plus courtes, en particulier dans le cadre de la correspondance par courriel, ou bien pour les amis : cordialement, sincèrement, amicalement... Attention à ne pas prier de "croire en" (mon meilleur souvenir par exemple), car c'est un acte de foi, mais plutôt de "croire à". Attention aussi à la grammaire de la phrase : on ne peut pas dire "Dans l'attente de votre réponse, veuillez recevoir, Madame, mes sincères salutations", car la personne qui reçoit les salutations n'est pas celle qui attend la réponse. Il vaudra mieux écrire "Dans l'attente de votre réponse, je vous prie de recevoir, Madame, mes sincères salutations", car c'est le même sujet (je) qui attend et qui prie de recevoir. Attention aussi à "(...) l'expression de mes salutations distinguées" qui n'est pas correct : on exprime des sentiments, mais pas des salutations. Il faut écrire "Veuillez agréer, Monsieur, mes salutations distinguées" (sans "expression"). On ne remercie pas par avance son interlocuteur car on l'"obligerait" à satisfaire notre requête ce qui serait un manque de respect. Autre piège: il ne faut pas, étant un homme, en écrivant a une femme, ecrire "je vous prie, Madame, de recevoir l'expression de mes sentiments distingués", car cela pourrait dire que l'homme lui fait la cour. On preferera donc "l'expression de mes respectueux hommages", formule plus neutre.

Codes de politesse spécifiques

Tous les groupes humains développent leurs propres codes de politesse. Dans certaines micro-cultures, les variations ne portent que sur certaines règles (comme le nombre de bises que l'on doit se faire pour se saluer) ; dans d'autres, les variations sont plus importantes : la notion de « respect », par exemple, présente des variations importantes selon les milieux sociaux.

Sur Internet

La netiquette possède un ensemble de règles de politesse élaboré par les pionniers des réseaux informatiques, toujours valable sur internet. Par exemple, il était conseillé, par respect de traditions américaines et par écomomie de ressources téléinformatiques, de se passer de salutations et de formules de politesses.

Dans les rencontres internationales

Dans les rencontres internationales à plusieurs langues, il est considéré comme poli de traduire une partie de la conversation aux participants qui ne comprennent pas la langue employée, afin de leur permettre de prendre part à la conversation. On peut parfois trouver impoli le fait de citer le nom d'une personne présente dans une langue qu'il ne comprend pas, sans lui traduire directement ce qu'on vient de dire. Un apparté trop long entre locuteurs de la même langue dans un groupe qui ne comprend pas cette langue est impoli car personne ne peut prendre part à la conversation.

Voir aussi

Bibliographie

- Alain Montandon (dir.), Dictionnaire raisonné de la politesse et du savoir-vivre, Paris, Le Seuil, 1995
- Dominique Picard, Politesse, savoir-vivre et relations sociales, PUF, 2007 (Que sais-je?, 3 édition)
- Dominique Picard, Pourquoi la politesse? Le savoir-vivre contre l'incivilité, Le Seuil, 2007.
- Frédéric Rouvillois, Histoire de la politesse de 1789 à nos jours, Flammarion, 2006
- Arsène BOUAKIRA 'Le petit guide des bonnes manières' auteur édition FAVRE 2006 ===
Sujets connexes
Civilité   Formule   Galanterie   Honneur   Internet   Respect  
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