Lettre du pseudo-Aristée

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La lettre du pseudo-Aristée est un pseudépigraphe (texte dont le nom de l'auteur est faux) daté de la première moitié du . Il constitue sans doute le premier document rapportant les origines de la Bible grecque des Septante.
Lettre du pseudo-Aristée

La lettre du pseudo-Aristée est un pseudépigraphe (texte dont le nom de l'auteur est faux) daté de la première moitié du . Il constitue sans doute le premier document rapportant les origines de la Bible grecque des Septante.

Contenu

Aux termes de la lettre, Démétrios de Phalère, fondateur et responsable de la bibliothèque d'Alexandrie, propose au pharaon (probablement Ptolémée II Philadelphe) de faire traduire les textes religieux juifs, afin de les inclure dans ses collections. Il suggère de s'adresser au grand prêtre juif, Éléazar, et de lui demander six hommes par tribu, afin de réaliser la traduction. Ptolémée accepte et le projet est mis en œuvre. Dans sa lancée, il fait libérer tous les esclaves juifs d'Égypte. Éléazar, contacté, sélectionne 72 habitants de Jérusalem « maîtres dans les lettres judaïques, mais aussi adonnés à la culture hellénique. » Ceux-ci voyagent jusqu'à Alexandrie où le pharaon les reçoit et se prosterne par sept fois devant les rouleaux de la Loi. S'ensuit un banquet qui dure sept jours, au cours duquel le roi interroge chacun des 72 traducteurs. Enfin, les traducteurs se retirent dans une île (probablement Pharos), où ils travaillent durant 72 jours. Lecture en est faite devant la cour de Ptolémée et l'assemblée des Juifs alexandrins. il est convenu que le texte ne devra pas être modifié, Démétrios s'exclamant même que la traduction « vient de Dieu ». Il est vraisemblable que cette légende a pour origine un midrash faisant allusion aux soixante-dix anciens d'Israël escortant Moïse, Aaron et ses fils, montant au Sinaï (Exode 24, 1 et 9). Dans la tradition talmudique, 70 est le nombre des Nations.

L'auteur

La lettre est adressée par un dénommé Aristée (nom donné par Flavius Josèphe, Antiquités juives, XII, 12–118) à son frère Philocrate. L'auteur se présente comme un Grec, adepte de la religion olympique. En 1522, Luis Vives (In XXII libros de Civitate Dei Commentaria), suivi par Humphrey Body en 1685 (Contra historiam Aristeæ de LXX. interpretibus dissertatio) montrent qu'il s'agit en fait d'un faux. L'auteur est en fait un Juif alexandrin, d'où le nom conventionnel de « pseudo-Aristée » qui lui est donné. Il ne faut pas le confondre avec Aristée, historien, auteur d'un Sur les Juifs dont Eusèbe de Césarée a préservé des extraits, ni avec Aristée d'Argos, un partisan du roi Pyrrhus.

Édition

- Lettre d'Aristée à Philocrate? Introduction, texte critique, traduction et notes, index complet des mots grecs par André Pelletier, éditions du Cerf, Paris, 1962 (ISBN 2204036056).

Voir aussi

Bibliographie

- M. Harl, G. Dorival et O. Munnich, La Bible grecque des Septante. Du judaïsme hellénique au christianisme ancien, éditions du Cerf & éditions du CNRS, 1994 ;
- F. Vattioni, « Storia del testo biblico : l'origine dei LXX », Annali del’Instituto orientale di Napoli, n° 40 (1980), p.115–130. ===
Sujets connexes
Aaron (Bible)   Alexandrie   Aristée   Bibliothèque d'Alexandrie   Démétrios de Phalère   Eusèbe de Césarée   Exode   Flavius Josèphe   Jérusalem   Midrash   Moïse   Pharaon   Pseudépigraphe (littérature)   Ptolémée II   Pyrrhus Ier   Septante   Sinaï   Talmud  
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