Dinanderie

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Le mot dinanderie est apparu au XIVe siècle. Il est dérivé du radical de dinandier. Il désigne l'ensemble des ustensiles de cuivre jaune fabriqués à l'origine dans la ville de Dinant, en Belgique.
Dinanderie

Le mot dinanderie est apparu au XIVe siècle. Il est dérivé du radical de dinandier. Il désigne l'ensemble des ustensiles de cuivre jaune fabriqués à l'origine dans la ville de Dinant, en Belgique.

Description

La dinanderie est la technique du dinandier. Elle consiste à fondre et à mettre en forme le métal (cuivre, laiton, argent, étain…) par martelage. Les différentes techniques nécessaires à la réalisation d'une pièce sont :
- l'emboutissage et la rétreinte pour la mise en forme proprement dite ;
- le sous-planage et le planage pour la finition de la pièce. Ces opérations se font, généralement, après un traitement thermique qui consiste à chauffer à une température donnée pour chaque type de métal et à refroidir plus ou moins rapidement : le métal est recuit ; ainsi traité, il devient malléable. Quelques indications de température pour les métaux les plus utilisés :
- étain et plomb, pas de recuit ;
- or et argent, recuit teinte rose pâle ;
- cuivre, recuit teinte rouge cerise ;
- le laiton doit se chauffer à 500 °C, être refroidi à 300 °C, repasser à 700 °C, puis être refroidi lentement.
-L'emboutissage consiste à déformer le métal en frappant avec un marteau à boule ou un maillet à emboutir (panne du marteau spécifique), sur une forme creuse appelée « salière ».
-La rétreinte permet de faire passer le métal de la position horizontale à la position verticale. Pour avoir une idée plus précise, il faut prendre une feuille de papier, la poser sur la main gauche légèrement creusée. Avec le poing droit, presser la feuille pour la mettre en contact avec la main gauche. Les plis ainsi créés donnent une idée du déplacement du métal dans l'espace. Une définition sommaire de la rétreinte consiste à éliminer ces plis, pour maintenir le métal dans la position verticale. Une fois l'opération d'emboutissage et de rétreinte réalisée, la pièce possède des irrégularités. Le sous-planage et le planage termineront la mise en forme et donneront à la pièce un aspect fini.
-Le sous-planage se fait au maillet, le plus généralement. Il élimine les grosses irrégularités (creux ou bosses) de la mise en forme. Le coup est portant. La pièce est prise entre le maillet et le tas, on entend la résonance de la masse métallique (tas).
-Le planage se fait avec un marteau à panne plate ou légèrement bombé. Il termine la mise en forme et redonne une dureté à la pièce. Le coup est portant. La pièce est prise, comme dans le sous-planage, entre le marteau et le tas, on doit également entendre la résonance de la masse métallique support (tas). L'aspect final sera lisse ou facetté suivant le choix du marteau. Cette méthode de travail permet d'obtenir des pièces de toutes formes et dimensions au poids relativement réduit puisqu'elles sont creuses et que la feuille de métal employée ne dépasse pas 1, 5 mm d'épaisseur. Cette technique était, à la base, utilisée pour la création de récipients divers tels que chaudrons, bassines, pichets, assiettes, théières, aiguières réalisés dans des matériaux différents selon les castes sociales. Aujourd'hui, elle apparaît aussi dans le domaine décoratif ou elle permet la réalisation de fontaines, baignoires, vasques, miroirs, luminaires et petits objets divers...

Historique

-Dès le 4 millénaire avant notre ère, le cuivre, qui contenait alors de l'arsenic, était travaillé en Égypte et en Chaldée.
-La dinanderie proprement dite fut cependant pratiquée au début du dans la vallée de la Meuse, d'abord à Huy puis à Dinant (ville d'où cette discipline tire son nom). Elle est probablement à l'origine d'une importante tradition d'orfèvrerie liturgique qui se répand dans tout le pays mosan et produit des châsses, reliquaires, croix, reliures d'une grande richesse (art mosan).
-Renier de Huy exécute, de 1107 à 1118, en laiton, les fameux fonts baptismaux de Saint-Barthélemy à Liège, d'une perfection classique exceptionnelle à l'époque.
-Par la suite, les œuvres deviennent plus complexes, plus chargées et les matériaux plus variés. Godefroy de Huy emploie l'émail champlevé dans ses réalisations, notamment le chef reliquaire du pape Alexandre, réalisé pour l'abbaye de Stavelot et exposé aux Musées royaux d'art et d'histoire à Bruxelles.
-Nicolas de Verdun exécute la châsse de Notre-Dame pour la cathédrale de Tournai en 1205. Le frère Hugo d'Oignies cisèle des œuvres délicates et raffinées qui sont visibles à Namur, au couvent d'Oignies.
- Beaucoup d'œuvres anonymes, comme la châsse de Visé ou celle de Stavelot , sont des pièces de dinanderie appartenant également à l'art mosan.

Références

Voir aussi

- Jean Dunand, 1877 - 1942 (dinandier de la période Art Déco) ==
Sujets connexes
Alexandre   Arsenic   Art mosan   Belgique   Bruxelles   Chaldée   Champlevé   Cuivre   Dinandier   Dinant   Godefroy de Huy   Hugo d'Oignies   Huy   Jean Dunand   Laiton   Liège   Meuse (fleuve)   Musées royaux d'art et d'histoire   Métal   Namur   Nicolas de Verdun   Oignies   Or   Orfèvrerie   Plomb   Saint-Barthélemy   Stavelot   Tournai   Visé  
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