Rudyard Kipling

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Joseph Rudyard Kipling (Bombay, le 30 décembre 1865 - Londres, le 18 janvier 1936) est un écrivain britannique.
Rudyard Kipling

Joseph Rudyard Kipling (Bombay, le 30 décembre 1865 - Londres, le 18 janvier 1936) est un écrivain britannique.

Introduction

Ses ouvrages pour la jeunesse ont connu dès leur parution un succès qui ne s'est jamais démenti, notamment Le Livre de la jungle (1894), Le Second Livre de la jungle (1895), Histoires comme ça (1902), Puck, lutin de la colline (1906) ; il est également l'auteur du roman Kim (1901), de poèmes, Mandalay (1890), Gunga Din (1890), et If- (1895) sont parmi les plus célèbres) et de nouvelles, dont L'Homme qui voulait être Roi (1888) et le recueil Simples Contes des collines (1888). Il a été considéré comme un "innovateur dans l'art de la nouvelle"Rutherford, Andrew, 1987, préface à l'édition des œuvres complètes de Rudyard Kipling dans la collection Oxford World's Classics, Oxford University Press, ISBN 0-19-282575-5 et l'un des plus grands auteurs de la littérature de jeunesse ; son œuvre manifeste un talent pour la narration qui s'est exprimé dans des formes variées. De la fin du au milieu du , Kipling est resté l'un des auteurs les plus populaires de la langue anglaise. L'écrivain Henry James écrit à son sujet : "Kipling me touche personnellement, comme l'homme de génie le plus complet que j'ai jamais connu". En 1907, il est le premier auteur de langue anglaise à recevoir le Prix Nobel de littérature, et le plus jeune à l'avoir reçu. Par la suite, il a refusé d'être annobli. Cependant, Kipling a été souvent considéré comme un "prophète de l'impérialisme britannique", selon l'expression de George Orwell. La controverse au sujet des préjugés et du militarisme qui seraient présents dans son œuvre a parcouru tout le . Selon le critique littéraire Douglas Kerr : "Il reste un auteur qui inspire des réactions de rejet passionnées, et sa place dans l'histoire littéraire et culturelle est loin d'être solidement établie. Cependant, à l'heure où les empires européens sont en repli, il est reconnu comme un interprète incomparable, sinon controversé, de la manière dont l'empire était vécu. Cela, ajouté à son extraordinaire génie narratif, lui donne une force qu'on ne peut que reconnaître."Douglas Kerr, University of Hong Kong, "Rudyard Kipling", The Literary Encyclopedia, 30 mai 2002, The Literary Dictionary Company.

Biographie

L'enfance

Joseph Rudyard Kipling naît le 30 décembre 1865 à Bombay, fils d'Alice Kipling, née MacDonald, et de John Lockwood Kipling, sculpteur et professeur à la Jejeebhoy School of Art and Industry de Bombay ; ses parents venaient à peine d'arriver en Inde, et s'étaient rencontrés en Angleterre, dans le Staffordshire, près du lac Rudyard - dont ils donnèrent le nom à leur fils. D'après Bernice M. MurphyMurphy, Bernice M. (1999-06-21), Rudyard Kipling - A Brief Biography (Rudyard Kipling, petite biographie), School of English, The Queen's University of Belfast., « les parents de Kipling se considéraient comme des "Anglo-Indiens", et leur fils devait faire de même, bien qu'il ait passé la plus grande partie de sa vie hors d'Inde. Cela explique pourquoi des problèmes complexes d'identité et d'allégeance nationale marquent ses œuvres de fiction ». James Tissot, le Calcutta (Portsmouth), 1876 Ces journées de ténèbres et de lumière crue passées à Bombay prirent fin lorsque Kipling eut six ansRudyard Kipling, Something of Myself, 1935 (Deux trois choses sur moi-même, autobiographie), Cambridge University Press. ISBN 0-521-40584-X.. Comme le voulait la tradition chez les anglo-indiens, Rudyard et sa jeune sœur Trix, trois ans, prirent le bateau pour l'Angleterre, en l'occurrence pour se rendre à Southsea, Portsmouth, dans une famille d'accueil qui prenait en pension des enfants britanniques dont les parents résidaient en Inde. Les deux enfants grandirent sous la tutelle du capitaine Holloway et de son épouse, à Lorne Lodge, pendant les six années qui suivirent. Dans son autobiographie, publiée plus de soixante ans plus tard, Kipling évoque cette période avec horreur en se demandant non sans ironie si le mélange de cruauté et d'abandon qu'il subit auprès de Mme Holloway n'aurait pas précipité l'éclosion de ses talents littéraires. Si vous faites subir un interrogatoire à un enfant de sept ou huit ans sur ses activités de la journée (surtout lorsqu'il tombe de sommeil), il se contredira d'une façon tout à fait satisfaisante. Si chaque contradiction est épinglée comme mensonge et rapportée au petit déjeuner, la vie n'est pas facile. J'ai du subir pas mal de brimades, mais il s'agissait là de torture délibérée, appliquée religieusement et scientifiquement. Par contre cela m'obligea à faire très attention aux mensonges que je dus bientôt concocter et je suppose qu'il s'agit d'une bonne base pour une carrière littéraire. Trix fut mieux traitée que Rudyard, car Mme Holloway voyait en elle un beau parti pour son filsCarpenter, Henry and Mari Prichard, 1984, Oxford Companion to Children's Literature, pp. 296-297. Cependant les deux enfants avaient de la famille en Angleterre dans laquelle ils pouvaient séjourner. A Noël, ils passaient un mois chez leur tante Georgiana (Georgy) et son mari, le peintre Edward Burne-Jones dans leur maison de Fulham à Londres, un paradis auquel je dois en vérité d'avoir été sauvé selon Kipling. Au printemps 1877, Alice Kipling revint d'Inde et retira les enfants de Lorne Lodge. Maintes et maintes fois par la suite, ma tante bien-aimée me demanda pourquoi je n'avais jamais raconté comment j'étais traité. Mais les enfants ne parlent pas plus que les animaux car ils acceptent ce qui leur arrive comme étant décidé de toute éternité. De plus, les enfants maltraités savent très exactement ce qui les attend s'ils révèlent les secrets d'une prison avant d'en être bel et bien sortis. En janvier 1878, Kipling entra au United Services College, à Westward Ho! dans le Devon, école fondée quelques années plus tôt afin de préparer les garçons à la carrière militaire. Ses débuts à l'école s'avérèrent difficiles, mais il finit par se faire des amitiés durables et ces années lui fournirent la matière du recueil d'histoires de potaches, Stalky & Co., publié des années plus tard. Au cours de cette période, Kipling tomba amoureux de Florence Garrard, co-pensionnaire de Trix à Southend où sa sœur était retournée. Florence servira de modèle à Maisie, l'héroïne du premier roman de Kipling, La Lumière qui s'éteint (1891). Vers la fin de son séjour à l'école, il fut décidé qu'il n'avait pas les aptitudes nécessaires pour obtenir une bourse d'études qui lui aurait permis d'aller à l'université d'Oxford puisque ses parents n'avaient pas les moyens de financer ses études supérieures. Kipling père procura donc un emploi à son fils à Lahore (aujourd'hui au Pakistan), où il était directeur de l'école d'art (Mayo College of Art) et curateur du musée de Lahore. Kipling devait travailler comme assistant dans un petit journal local, la Civil & Military Gazette. Il prit la mer pour l'Inde le 2 septembre et débarqua à Mumbai le 20 octobre 1882.

Voyages de jeunesse

La gazette civile et militaire (Civil and Military Gazette) de Lahore, que Kipling appellera plus tard "ma première maîtresse, mon premier amour" paraissait six jours par semaine de janvier à décembre, avec une interruption d'une journée à Noël et une autre à Pâques. Kipling était rudement mis à contribution par le rédacteur en chef, Stephen Wheeler, mais rien ne pouvait étancher sa soif d'écrire. En 1886, il publia son premier recueil de poésies, Departmental Ditties. Cette même année vit arriver un nouveau rédacteur en chef, Kay Robinson, qui lui laissa une plus grande liberté artistique et proposa à Kipling de composer des nouvelles pour le journal. Entre temps, pendant l'été 1883, Kipling s'était rendu pour la première fois à Shimla, station de montagne célèbre qui servait de capitale estivale aux britanniques. Le vice-roi et le gouvernement avaient pris l'habitude de s'installer à Shimla pendant six mois de l'année, faisant de la ville un centre de pouvoir et de plaisir à la fois. La famille de Kipling se rendait tous les ans en villégiature à Shimla et Lockwood reçut une commission pour une fresque qui devait orner l'église du Christ. Kipling revint passer ses vacances à Shimla tous les ans de 1885 à 1888, et la ville figura régulièrement dans les récits qu'il publiait dans la Gazette. Les vacances à Shimla, ou toute autre station où se rendaient mes parents, étaient un mois de pur bonheur, où chaque heure dorée comptait. Le voyage commençait dans l'inconfort sur la route ou le rail. Il se terminait dans la fraîcheur du soir, avec un feu de bois dans votre chambre à coucher, et le lendemain matin (avec la perspective de trente matins encore à venir !) une tasse de thé matinale, apportée par votre mère, et ces longues conversations où vous vous retrouviez de nouveau tous ensemble. Et puis vous aviez le temps de travailler à toutes les idées folles ou sérieuses qui vous traversaient la tête, et dieu sait s'il y en avait. . De retour à Lahore, Kipling publia une quarantaine de nouvelles dans la Gazette entre novembre 1886 et juin 1887. La plupart de ces récits furent rassemblés dans Plain Tales from the Hills (Simples contes des montagnes), son premier recueil de prose publié à Calcutta en janvier 1888, alors qu'il venait d'avoir vingt-deux ans. Mais le séjour à Lahore touchait à sa fin. En novembre 1887, il fut muté à Allahabad, dans les bureaux du Pioneer, grand frère de la Gazette. Kipling écrivait toujours au même rythme effréné, publiant six recueils de nouvelles dans l'année qui suivit : Soldiers Three (Trois soldats), The Story of the Gadsbys (Histoire des Gadbsy), In Black and White (En noir et blanc), Under the Deodars (Sous les cèdres de l'Himalaya), The Phantom Rickshaw (Le Rickshaw fantôme), and Wee Willie Winkie (P'tit Willie Winky), soit un total de 41 nouvelles, dont certaines étaient presque déjà un court roman. De plus, en tant que correspondant dans la zone ouest du Rajasthan, il rédigea de nombreux billets qui furent rassemblés plus tard sous le titre Letters of Marque et publiés dans From Sea to Sea and Other Sketches, Letters of Travel (D'une mer à l'autre, lettres de voyage). Au début de l'année 1889, The Pioneer renonça aux contributions de Kipling à la suite d'un différent. L'écrivain, quant à lui, commençait à songer à l'avenir. Il céda les droits de ses six volumes de nouvelles pour 200 livres sterling et de dérisoires droits d'auteur, et les droits des Plain Tales from the Hills pour £ 50. Enfin il reçut six mois de salaire en guise de préavis de licenciement. Il décida de consacrer cet argent pour financer son retour à Londres, capitale littéraire de l'empire britannique. Le 8 mars 1889, Kipling quitta l'Inde, d'abord en direction de San Francisco en faisant escale à Rangoon, Singapour, Hong Kong et le Japon. Puis il traversa les États-Unis en rédigeant des articles pour le Pioneer qui devaient également paraître dans le recueil From Sea to Sea. De San Francisco Kipling fit route vers le nord jusqu'à Portland, dans l'Oregon; puis Seattle, dans l'état de Washington; il fit une incursion au Canada, visitant Victoria, Vancouver et la Colombie britannique; il revint ensuite aux États-Unis pour explorer le parc de Yellowstone, avant de redescendre sur Salt Lake City; ensuite il prit la direction de l'est, traversant les états d'Omaha, du Nebraska et s'arrêtant à Chicago, dans l'Illinois; De là il partit pour Beaver, sur les rives de l'Ohio en Pennsylvanie pour un séjour chez les Hill. Le professeur Hill l'accompagna ensuite à Chautaqua, puis à Niagara, Toronto, Washington D.C., New York et BostonPinney, Thomas éd. Letters of Rudyard Kipling, volume 1. Macmillan and Company, London and New York. Il fit la connaissance de Mark Twain à Elmira (état de New York), devant lequel il se sentit fort intimidé. Puis Kipling traversa l'Atlantique pour débarquer à Liverpool en octobre 1889. Quelques mois plus tard, il faisait des débuts remarqués dans le monde littéraire londonienRutherford, Andrew. 1987. Introduction to the Oxford World's Classics edition of "Plains Tales from the Hills", by Rudyard Kipling. Oxford University Press. ISBN 0-19-281652-7

La carrière littéraire

Débuts londoniens

Rudyard réussit à publier plusieurs de ses nouvelles dans des revues et trouva une chambre dans Villiers Street, près du Strand, où il logea de 1889 à 1891. A l'époque où il publia son premier roman, La Lumière qui s'éteint, il commença à souffrir de dépression. Il fit alors la connaissance de Wolcott Balestier, écrivain américain, qui travaillait également comme agent littéraire. Ensemble ils écrivirent un roman, The Naulahka. En 1891, sur le conseil du corps médical, Kipling s'embarqua pour un nouveau voyage qui le mena d'Afrique du sud en Australie, puis en Nouvelle Zélande et en Inde. Mais il renonça à son projet de passer Noël en famille lorsqu'il apprit la nouvelle de la mort de Wolcott Balestier, qui venait de succomber brutalement à la fièvre typhoïde. Il décida de rentrer immédiatement à Londres et envoya un télégramme à la sœur de Wolcott, Carrie Balestier, pour lui dempander sa main. La jeune fille, dont il avait fait la connaissance l'année précédente et dont il était très proche, accepta. Entretemps, vers la fin 1891, paraissait à Londres une anthologie de nouvelles sur la présence britannique en Inde, Life's handicap.

Mariage et lune de miel

Le 18 janvier 1892 a lieu le mariage de Carrie Balestier (29 ans) et Rudyard Kipling (26 ans) au plus fort de l'épidémie de grippe qui sévissait à Londres, au point que les pompes funèbres manquaient de chevaux noirs et devaient se contenter de chevaux bruns . La cérémonie eut lieu dans l'église All Souls (Toussaint), à Langham Place, et c'est Henry James qui mena la mariée jusqu'à l'autel. Les jeunes mariés décidèrent de faire un voyage de noces qui les mènerait des États-Unis (où ils en profiteraient pour rencontrer la famille de Carrie dans le Vermont) au Japon. Malheureusement, à leur arrivée à Yokohama, les jeunes gens eurent la mauvaise surprise d'apprendre que leur banque, la New Oriental Banking Corporation, était en défaut de paiement.

Séjour américain

Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, le jeune couple retourna aux États-Unis et loua une petite maison près de Battleboro dans le Vermont pour une somme de dix dollars par mois. Carrie était enceinte de leur premier enfant. Elle fut meublée avec cette simplicité d'une époque qui ne connaissait pas la location-vente. Nous fîmes l'acquisition d'une énorme chaudière de seconde ou troisième main qui alla dans la cave. Pour accommoder des tuyeaux de fer-blanc de huit pouces de diamètre nous fîmes généreusement percer notre mince plancher (c'est pur miracle que nous n'ayons pas été brûlés dans nos lits au moins une fois par semaine cet hiver là) et nous vécûmes extrêmement, égocentriquement heureux. C'est dans cette maisonnette, surnommée Bliss cottage (la villa du bonheur parfait) que naquit leur premier enfant, une fille, Joséphine, la nuit du 29 décembre 1892 sous trois pieds de neige. L'anniversaire de sa mère tombant le 31 et le mien le 30 du même mois, nous la félicitâmes de cet esprit d'à propos. C'est dans cette maisonnette que Kipling eut pour la première fois lidée de ce qui allait devenir le Livre de la jungle : Mon bureau faisait sept pieds sur huit et de décembre à avril la neige s'accumulait jusqu'au rebord de la fenêtre. Or il se trouvait que j'avais rédigé une histoire sur les travaux forestiers en Inde où je parlais d'un enfant élevé par des loups. Dans le silence et l'attente de cet hiver 1892 je sentis remonter des souvenirs des lions maçonniques des magazines pour la jeunesse que je lisais enfant, et voici qu'une phrase du roman de Rider Haggard Nadia, the Lily (Nadia le lys) se combine avec l'écho de ce récit. L'idée une fois précisée dans ma tête, la plume fait le reste, et je n'ai qu'à la regarder commencer à écrire des histoires sur Mowgli et les animaux qui allaient constituer le Livre de la jungle. Après la naissance de Joséphine, la maisonnette devint trop petite et les Kipling achetèrent un terrain de dix hectares appartenant au frère de Carrie, Beatty Balestier. Cest là, sur le flanc d'une colline rocheuse surplombant la rivière Connecticut, qu'ils firent construire une maison que Kipling baptisa "Naulakha" en l'honneur de Wolcott Gilmour, David, 2002, The Long Recessional: The Imperial Life of Rudyard Kipling, Farrar, Straus et Giroux, New York. Naulakha, qui signifie littéralement "neuf lakh" (ou neuf cent mille roupies") en Hindi, était le nom donné aux colliers des reines dans les contes populaires de l'Inde du nordFlora Annie Steel, , Tales of the Punjab (Contes du Penjab, illustrés par John Lockwood Kipling, 1894, Macmillan and Company, London & New York, un bijou sans prix, selon la traduction qu'en donnait Kipling. Cette retraite au cœur du Vermont, ainsi qu'une vie saine et propre, stimula l'imagination de Kipling. En l'espace de quatre ans il produisit, en plus du Livre de la jungle, un recueil de nouvelles (The Day's Work, (Le Travail de la journée)), un roman (Capitaines courageux) et de nombreuses poésies, dont le volume des Seven Seas (Les Sept Mers). Le recueil de poèmes intitulé Barrack-Room Ballads, qui contient deux pièces célèbres, Mandalay et Gunga Din parut en mars 1892. Il prit un plaisir immense à rédiger les deux volumes du Livre de la jungle, chef d'œuvre d'imagination poétique, et à répondre à l'abondant courrier de ses jeunes lecteurs. Rudyard Kipling's America 1892–1896, 1899 La vie de l'écrivain était parfois interrompue par des visites, dont celle de son père, John Lockwood Kipling, qui vint leur rendre visite après avoir pris sa retraite en 1893, et celle de l'écrivain britannique Arthur Conan Doyle qui débarqua avec ses clubs de golf pour un séjour de quarante-huit heures au cours duquel il donna à Kipling une leçon de golf intensiveMallet, Phillip. 2003. Rudyard Kipling: A Literary Life. Palgrave Macmillan, New York. ISBN 0-333-55721-2Ricketts, Harry. 1999. Rudyard Kipling: A life (Rudyard Kipling : une vie). Carroll and Graf Publishers Inc., New York. ISBN 0-7867-0711-9.. Kipling semble avoir pris goût au golf, qu'il pratiqua à l'occasion en compagnie du pasteur local, allant jusqu'à utiliser des balles rouges lorsque le sol était recouvert de neigeCarrington, Charles. 1955. Rudyard Kipling: His Life and Work (Rudyard Kipling, sa vie et son œuvre). Macmillan and Company, Londres et New York.. Malheureusement jouer sous la neige n'était pas de tout repos : les drives ne connaissaient aucune limite; la balle pouvait glisser sur deux ou trois kilomètres le long de la pente et finir dans le Connecticut. Tous les témoignages soulignent son amour de la nature, en particulier des couleurs de l'automne dans le Vermont. En février 1896, les Kipling eurent une seconde fille, Elsie. Selon plusieurs biographes, leurs relations n'avaient plus à cette époque ce caractère joyeux et spontané des débuts Nicholson, Adam, 2001, Carrie Kipling 1862-1939 : The Hated Wife (Carrie Kipling, l'épouse détestée), Faber & Faber, Londres, ISBN 0-571-20835-5. Les deux époux restèrent fidèles l'un à l'autre, mais leur mariage était dans une ornière . Dans une lettre adressée à un ami qui venait de se fiancer, Kipling offrit ce point de vue pessimiste : le mariage enseignait les vertus les plus ardues, humilité, contrôle de soi, et prudenceThomas Pinney, (éditeur), Letters of Rudyard Kipling, volume 2, Macmillan and Company, Londres et New York.. Deux incidents allaient chasser la famille de Rudyard Kipling du Vermont. Le premier était lié à la situation politique internationale : au début des années 1890, la Grande-Bretagne et le Vénézuéla se disputaient âprement sur le tracé de la frontière de la Guyana. Les États-Unis avaient plusieurs fois offert leur arbitrage, mais en 1895 le secrétaire d'état américain aux affaires étrangères Richard Olney haussa le ton en revendiquant le droit pour son pays d'arbitrer une dispute qui concernait le continent américain (l'argument d'Olney était basé sur la doctrine de Monroe). Cette déclaration irrita les Britanniques et en quelques semaines l'incident prit les proportions d'une véritable crise, chacune des parties menaçant d'en venir aux armes. L'épisode allait paradoxalement renforcer la coopération entre les deux pays mais au plus fort du conflit Kipling se sentit désemparé devant la monté du sentiment anti-britannique aux États-Unis, notamment dans la presse. Il écrivit que c'était comme être menacé de recevoir une carafe dans la figure au beau milieu d'un repas convivial. En janvier 1896, il prit la décision, selon son biographe officiel, de mettre un terme à cette existence au bon air et de quitter les États-Unis pour aller chercher fortune ailleurs.

Retour dans le Devon

De retour en Angleterre en septembre 1896, les Kipling s'installèrent à Torquay sur la côte du Devon, dans une maison à flanc de colline qui regardait la mer. Kipling n'aimait pas cette nouvelle résidence dont l'orientation, affirmait-il, rendait ses occupants tristes et déprimés, mais pendant son séjour il se montra très actif sur le plan social et littéraire. Kipling était désormais célèbre, et ses écrits témoignaient d'un intérêt grandissant pour la politique. Il avait commencé à rédiger deux poèmes, Recessional (1897) et The White Man's Burden (Le Fardeau de l'homme blanc)(1898) qui allaient déclencher une vive controverse lors de leur publication. Certains y lurent un plaidoyer en faveur d'une politique impériale éclairée, animée par le sens du devoir, conforme à l'ethos victorien, d'autres au contraire y virent une défense sans vergogne de l'impérialisme et de ses manifestations racistes. D'autres encore en firent une lecture au second degré, croyant voir dans ces poèmes une mise en accusation ironique de la façon dont était gérée la politique impériale Take up the White Man's burden—Send forth the best ye breed—Go, bind your sons to exileTo serve your captives' need;To wait, in heavy harness, On fluttered folk and wild—Your new-caught sullen peoples, Half devil and half child.Assume le fardeau de l'homme blanc, / Envoie les meilleurs de tes fils, / Allez ! Condamne tes enfants à l'exil, / Esclaves de leurs prisonniers, / Pour servir, ployant sous le joug / / Moitié bourreaux moitié enfants, / Des peuples tremblants et sauvages / Nouveaux et farouches captifs Kipling, Rudyard. 1899. The White Man's Burden. Publié dans le The Times, Londres, et McClure's Magazine (U.S.A.) 12 février 1899. Les poèmes exprimaient également l'inquiétude de l'auteur, la crainte que tout pourrait être un jour anéantiSnodgrass, Chris. 2002. A Companion to Victorian Poetry. Blackwell, Oxford. Far-called, our navies melt away;On dune and headland sinks the fire:Lo, all our pomp of yesterdayIs one with Nineveh and Tyre!Judge of the Nations, spare us yet.Lest we forget - lest we forget!Appelées au loin, nos flottes disparaissent. / Sur la dune et le promontoire le feu s'éteint : / Hélas, notre gloire d'antan/ A rejoint celle de Ninive et de Tyre/ Juge des nations, épargne nous encore un peu./ De peur que nous n'oublions - de peur que nous n'oublions! Kipling, Rudyard. 1897. Recessional. The Times, Londres, Juillet 1897. Écrivain prolifique, difficile à classer tant sa production est variée pendant ce séjour à Torquay, il rédige Stalky & Co., recueil de récits basés sur ses années de pensionnat au United Services College de Westward Ho!. Ses jeunes héros font preuve d'une vision désenchantée et cynique du patriotisme et de l'autorité. Les membres de la famille de Kipling racontèrent plus tard que Kipling aimait leur faire la lecture à haute voix des aventures de Stalky et compagnie, et qu'il avait souvent des fou-rires à la lecture des passages les plus comiques. Début 1898 Kipling et les siens se rendirent en Afrique du Sud pour les vacances d'hiver, séjour qui allait devenir une tradition jusqu'en 1908. Auréolé de sa toute nouvelle gloire de poète de l'empire, Kipling fut reçu chaleureusement par certains des politiciens les plus influents du Cap, dont Cecil Rhodes, Sir Alfred Milner et Leander Starr Jameson. De son côté Kipling cultiva leur amitié et devint un fervent admirateur des hommes et de leur politique. Les années 1898–1910 furent cruciales pour l'Afrique du Sud, avec la seconde guerre des Boers (1899–1902), le traité de paix qui s'ensuivit et la naissance de l'Union Sud-Africaine en 1910. De retour en Angleterre, Kipling écrivit des poèmes de soutien à la cause anglaise dans la guerre des Boers et lors du séjour sud-africain de 1900, contribua à la création d'un journal, The Friend (L'Ami), destiné aux troupes britanniques de Bloemfontein, la nouvelle capitale de l'état libre d'Orange. Sa contribution au journal ne dura pas plus de deux semaines, mais c'était la première fois depuis qu'il avait quitté l'équipe du Pioneer d' Allahabad plus de dix ans plus tôt que Kipling reprenait la plume du journaliste. C'est à Torquay que Kipling commença à rassembler des idées pour un autre grand classique de la littérature enfantine, Les Histoires comme ça (Just So Stories for Little Children). Le livre parut en 1902, un autre de ses plus grands succès de librairie, Kim, étant paru l'année précédente. En marge de ces œuvres romanesques, Kipling participa au débat sur la réponse que devait apporter l'Angleterre au développement de la flotte de guerre allemande; il rédigea une série d'articles dans le courant de l'année 189, articles qui furent ensuite publiés sous le titre A Fleet in Being. En 1899, lors d'un séjour aux États-Unis, Kipling et sa fille ainée Joséphine attrapèrent une pneumonie à laquelle succomba la jeune fille.

L'apogée de la carrière littéraire

La première guerre mondiale

Fin et postérité de la carrière de Kipling

Œuvres

-Plain Tales From the Hills, 1888 (Simples contes des collines)
-Soldiers Three, 1888
-In Black and White, 1888
-The Story of the Gadsbys, 1888
-Under the Deodars, 1888)
-The Phantom Rickshaw, 1888
-Wee Willie Winkie, 1888
-
The Light That Failed, New York, F. M. Lupton, 1890 (La Lumière qui s'éteint, Paris, P. Ollendorff, 1900)
-Life's Handicap, 1891
-
The Naulakka, Leipzig, Heinemann & Balestier, 1892 (avec W. Balestier)
-
Many Inventions, 1893
-
The Jungle Book, 1894 (Le Livre de la jungle, Paris, Mercure de France, 1899)
-
The Second Jungle Book, Londres, MacMillan, 1895
-
Captains Courageous: a Story of the Grand Banks, 1897 (Capitaines courageux, une histoire du banc de Terre-Neuve, Paris, Hachette, 1903) Portrait de Rudyard Kipling par John Palmer
-The Seven Seas, 1896
-The Day's Work, 1898
-A Fleet In Being, 1898
-Stalky and Co, 1899
-From the Sea To Sea, 1899
-Kim, Londres, MacMillan, 1901
-Just So Stories, 1902 (Histoires comme ça)
-The Five Nations, 1903
-Traffics and Discoveries, 1904
-Puck of Pook's Hill, 1906
-Actions and Reactions, 1909
-Rewards and Fairies, 1910
-Songs From Books, 1912
-A Diversity of Creatures, 1917
-Land and Sea Tales, 1923
-Debits and Credits, 1926
-Thy Servant a Dog, Told By Boots, 1930
-Limits and Renewals, 1932

Bibliographie

- 1965 : Rudyard Kipling to Henry Rider Haggard : the record of a friendship by Morton Cohen (Ed.Hutchinson)

Anecdotes

-Parce qu'il était passionné de l'Inde, Rudyard Kipling avait demandé à son éditeur d'orner les pages de garde de ses livres de svastikas, symbole indien de vie. Les svastikas furent retirées pour éviter toute ambigüité au moment de la montée du nazisme en Allemagne, bien qu'elles ne fussent pas orientées dans le même sens.
-Rudyard Kipling est aussi à l'origine, de façon involontaire, d'un sigle informatique : TWAIN
-On a beaucoup reproché à Rudyard Kipling ses prises de position impérialistes. Ses critiques citent volontiers des déclarations telles que "L'Angleterre, nation choisie par Dieu pour apporter aux peuples de couleur les bienfaits de la civilisation blanche", ou la formule lapidaire Le Fardeau de l'homme blanc pour désigner la colonisation.
-Il était également franc-maçon.

Traducteurs

Le poème If possède au moins deux traductions françaises. La plus répandue est celle effectuée par André Maurois dans son livre Les silences du colonel Bramble. Elle est parfois attribuée, à tort, à Paul Éluard. Cependant, il est presque abusif de parler de traduction. En effet, la version française du poème ne correspond que très peu à la version originale anglaise. Ceci peut s'expliquer par le fait que les traducteurs du début du étaient beaucoup plus soucieux de rendre un texte dans un français parfait plutôt que d'être absolument fidèles aux mots et au style de l'auteur - cette tendance semble avoir disparu aujourd'hui -. On remarquera que la version traduite de Si n'est composée que de vers parfaitement réguliers et qu'aucune rime n'est fausse, donc que le traducteur a suivi la tendance de l'époque. On pourrait de ce fait dire que le poème Si est d'André Maurois lui-même et que ce dernier s'est inspiré du texte de Kipling. Toutefois, l'idée de fond du poème de Kipling est bien présente dans la version traduite. Dans le poème La loge mère l'auteur célèbre sa Loge-Mère en Inde, alors qu'il se trouve en Angleterre.

Adaptations cinématographiques


- 1937 : Capitaines courageux de Victor Fleming
- 1939 : Gunga Din de George Stevens
- 1950 : Kim de Victor Saville avec Errol Flynn
- 1967 : Le Livre de la jungle de Wolfgang Reitherman
- 1975 : L'Homme qui voulut être roi de John Huston avec Sean Connery
- 1994 : Le Livre de la jungle de Stephen Sommers
- 2003 : Le Livre de la jungle 2 de Steve Trenbirth

Voir aussi

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Sujets connexes
Afrique du Sud   André Maurois   Arthur Conan Doyle   Bloemfontein   Bombay   Calcutta   Capitaines courageux   Cèdre de l'Himalaya   Devon   Edward Burne-Jones   Errol Flynn   Fièvre typhoïde   Franc-maçonnerie   Fulham   George Orwell   George Stevens   Giosuè Carducci   Golf   Guerre des Boers   Gunga Din (film, 1938)   Guyana   Henry James   Henry Rider Haggard   Histoires comme ça   Impérialisme   Inde   James Tissot   John Huston   Kim   Kim (roman)   L'Homme qui voulut être roi   Lahore   Le Cap   Le Fardeau de l'homme blanc   Le Livre de la jungle   Leander Starr Jameson   Londres   Nazisme   Nouvelle   Noël   Pakistan   Paul Éluard   Pneumonie   Portsmouth   Prix Nobel de littérature   Pâques   Rajasthan   Rickshaw   Roupie   Royaume-Uni   Rudolf Christoph Eucken   Sean Connery   Shimla   Southsea   Staffordshire   Stephen Sommers   Strand   Svastika   TWAIN   Torquay   Tyr   Université d'Oxford   Vermont   Victor Fleming   Wolfgang Reitherman  
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