Indienne (tissus)

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Wesserling, Alsace. Une Indienne était un tissu peint ou imprimé fabriqué en Europe entre le et le . En France les principales manufactures d'Indiennes se trouvèrent à Marseille ainsi qu'à Nantes, Mulhouse, Jouy-en-Josas, Rouen, Bolbec... Ces tissus sont généralement dans les tons de rouge à cause de la plante utilisée pour sa teinture : la garance dont on utilise la racine. Ces étoffes doivent leur nom du fait qu'elles étaient initialement importées des comp
Indienne (tissus)

Wesserling, Alsace. Une Indienne était un tissu peint ou imprimé fabriqué en Europe entre le et le . En France les principales manufactures d'Indiennes se trouvèrent à Marseille ainsi qu'à Nantes, Mulhouse, Jouy-en-Josas, Rouen, Bolbec... Ces tissus sont généralement dans les tons de rouge à cause de la plante utilisée pour sa teinture : la garance dont on utilise la racine. Ces étoffes doivent leur nom du fait qu'elles étaient initialement importées des comptoirs des Indes. Ces toiles peintes, Indiennes ou Perses, répondant aux nom de madras, pékin, gougourans, damas ou cirsacs étaient strictement interdites à l'importation à partir du . Par la suite, les marseillais se mirent à produire eux-même ces tissus qui prirent alors le nom dindiennes de Marseille'. Le même phénomène est perceptible en Suisse, où Glaris développe des indiennes réputées, de même que Genève ou Neuchâtel.

Contrebande

L'interdiction de ces tissus décrétée par Louvois en 1686. Elle manifeste pour le pouvoir en place la volonté d'assurer la protection des manufactures françaises, soieries lyonnaises en tête. En dépit d'édits royaux prohibant la libre circulation des tissus exotiques et punissant sévèrement (en théorie) toute personne portant en public ces étoffes, la bourgeoisie et bientôt le peuple s'enflammèrent pour cette nouveauté. Tout au long des côtes (par exemple dans la Baie de Bretagne), et aussi sur les îles anglo-normandes des Minquiers et des Écréhou, les capitaines français remplissaient leurs cales de toiles imprimées fabriquées en Angleterre. Ces imitations réussies étaient moins chères et permettaient de gros bénéfices. Ce trafic continuait en terre, par exemple : :« Le trois mars mil sept cent cinquante cinq a été par nous Curé de cette paroisse baptisée une fille née du jour en la Cotantinière d'une femme passante qui a dit que son mari père de l'enfant est mercier détenu à Dinan pour avoir voulu passer de l'indienne il s'appelle René Martin et la mère Marie Le Roy qui dit qu'ils sont de la paroisse de St Maurille de Tours, elle a été nommée Susanne par Jean Le Tessier et Susanne Le Tessier parrain et marraine qui ont dit ne signer. Rousseau C. » L'interdiction est levée en 1759 par un décret de Louis XV concernant la prohibition sur la fabrication et la commercialisation des indiennes dans le Royaume. La détention restait due simplement à une fraude sur les droits de circulation des marchandises. Nantes deviendra la capitale de l'indiennage avec plusieurs manufactures, la contrebande continuera néanmoins.

Bibliographie

- Pierre Dardel, Les Manufactures de toiles peintes et de serges imprimées à Rouen et à Bolbec aux XVIIe et XVIIIe siècles, Rouen, 1940
- Alain Avenel et Raymond Bernard, Splendeur des indiennes bolbécaises, Bolbec, 1996
- Mylène Doré, Quand les toiles racontent des histoires. Les toiles d'ameublement normandes au 19e siècle, éd. des Falaises, 2007 ==
Sujets connexes
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