Bataille de France

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Pendant la Seconde Guerre mondiale, la bataille de France est l'invasion allemande des Pays-Bas, de la Belgique du Luxembourg et de la France en 1940. L'offensive commence le 10 mai 1940 en mettant fin à la Drôle de guerre, et se termine le 22 juin par la capitulation des forces armées françaises et la signature de l'Armistice du 22 juin 1940 par le gouvernement Pétain. Le territoire national est alors divisé en plusieurs parties : une zone occupée par l'Allemagne
Bataille de France

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la bataille de France est l'invasion allemande des Pays-Bas, de la Belgique du Luxembourg et de la France en 1940. L'offensive commence le 10 mai 1940 en mettant fin à la Drôle de guerre, et se termine le 22 juin par la capitulation des forces armées françaises et la signature de l'Armistice du 22 juin 1940 par le gouvernement Pétain. Le territoire national est alors divisé en plusieurs parties : une zone occupée par l'Allemagne au Nord et à l'Ouest, une zone occupée par l'Italie dans le Sud-Est et une zone libre sous l'autorité du gouvernement de Vichy. La Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas sont également occupés à la suite de cette bataille. Ils ne recouvrent la liberté qu'à partir de 1944.

Prélude

La Drôle de guerre

À l'invasion de la Pologne en septembre 1939, les Alliés déclarent la guerre à l'Allemagne. La rapidité de l'invasion de la Pologne surprend les commandements français et britanniques, sans pour autant les inquiéter. De substantielles erreurs, ou supposées telles, du commandement polonais sont identifiées. L'opinion générale est que la partie sera difficile, mais la certitude de la victoire l'emporte. La France n'a-t-elle pas la meilleure armée du monde ? La déclaration de guerre ne donne lieu qu'à une timide offensive de deux corps d'armée, d'une dizaine de jours en Sarre, pour un gain de territoire d'une dizaine de kilomètres en territoire allemand. La conception des grandes unités françaises ne permet pas l'offensive à outrance, essentiellement par manque d'outil logistique adéquat. L'attaque est morte née. Le gouvernement polonais exprime son désappointement, alors même que la France avait garanti un traité d'assistance mutuelle avec elle. Le général Gamelin n'envisage aucune attaque supplémentaire sur l'Allemagne. À part cela, la France ne fit rien de concret. Elle avait pourtant peu à craindre des Allemands car à peu près toutes leurs troupes étaient engagées dans la campagne de Pologne. Si une grande attaque avait été lancée vers le cœur de l'Allemagne, la route aurait été peu difficile. Les états-major britanniques et français étaient persuadés qu'ils pouvaient bloquer les Allemands comme lors de la Première Guerre mondiale, et ce malgré la démonstration de force des stratégies allemandes. À la défaite polonaise, les troupes françaises quittèrent les avant-postes de la Sarre et se replièrent derrière la ligne Maginot et les forces du Royaume-Uni qui avait envoyé sur le continent un Corps expéditionnaire britannique (en anglais ' ou BEF en abrégé) – s'installèrent dans l'attente du prochain mouvement allemand. Cette période de trêve tacite, que l'on surnomma la « Drôle de guerre », dura jusqu'au 9 avril 1940 avec l'opération Weserübung lancée par l'Allemagne sur le Danemark ainsi que la Norvège, pour devancer les Alliés qui prévoyaient d'envoyer un corps expéditionnaire à Narvik pour des raisons stratégiques. Hitler qui voulait une attaque sur l'Europe occidentale le 12 novembre 1939 juste après l'invasion de la Pologne fut convaincu par son état-major de la reporter à l'année suivante. La Wehrmacht prépara pendant ce temps les plans d'invasion.

Genèse du plan allemand

À l'origine, l'OKW, Oberkommando der Wehrmacht (Haut-Commandement de la Wehrmacht), envisageait une attaque du front ouest en préconisant une stratégie d'enveloppement des armées alliées par le nord ; en quelque sorte une reprise du plan Schlieffen de 1914 qui aurait amené un puissant groupe d'armées B, du général Fedor von Bock, stationné au nord du front allemand, à déborder les unités franco-anglo-belges sur leur aile gauche, par une offensive blindée à travers la Belgique et les Pays-Bas, et d'en rabattre les éléments défaits sur la région lorraine. Puis, dans un deuxième temps, il était envisagé de prendre en tenaille les troupes alliées restantes ; le groupe d'armées B venant de l'ouest les repoussant sur le groupe d'armée A du général von Rundstedt, placé face à la région nord et à l'Alsace, et qui aurait joué le rôle d'une enclume sur laquelle auraient été définitivement écrasées les meilleures divisions alliées. Fall Gelb, l'autre plan jaune concocté par Manstein à la veille de la bataille de France. Cependant, suite à l'écrasement des forces polonaises en moins d'un mois, et ayant pris conscience de la valeur tactique remarquable que représentait le tandem chars-aviation d'assaut, Hitler, qui espérait toujours trouver un règlement politique au conflit en cours avec les Occidentaux, ne cessait de remettre la date du début des opérations à l'ouest. Ce répit ponctuel permit au général von Manstein de lui soumettre un nouveau plan. Celui-ci, baptisé par Winston Churchill « » (coup de faux), prenait le contre-pied de la théorie précédente et préconisait une attaque en force venue, non plus du nord, mais du centre. Il partait de l'hypothèse qu'il fallait surprendre l'adversaire au défaut de la cuirasse puis, la surprise passée, le prendre de vitesse dans une avance rapide vers la Manche : le pivot de l'offensive ne pouvait se trouver qu'à travers le massif boisé de l'Ardenne, région défendue par des unités françaises de réservistes mal armés et sous équipés et lieu précis où l'on avait arrêté la construction de la Ligne Maginot. Ce nouveau plan, de par sa hardiesse même et sa logique tant tactique que stratégique, enthousiasma Hitler qui l'imposa à un OKW réticent. Dès lors le Fall Gelb vit le jour ; désormais le poids du succès reposait sur le groupe d'armées du centre, le groupe d'armée A, dont on s'empressa de renforcer les capacités opérationnelles en mettant à sa disposition les deux-tiers des forces blindées de toute l'armée.

Forces en présence au 10 mai

Dewoitine D.520 en 1940; le plus moderne avion français mais seul 36 étaient en ligne le 10 mai 1940. Curtiss H.75 de l'armée de l'air française durant la période 1939-1940.

Alliés

(a) Ne sont pris en compte que l'armement et effectifs du BEF (British Expeditionary Force) en France au 10 mai. (b) En ce qui concerne la France, si nous connaissons exactement le chiffre des matériels en date du 1939, il en va différemment pour celui du 10 mai 1940. Ainsi l'armée française disposait, dès septembre 1939, de
blindés, dont chars et 650 automitrailleuses, auxquels il fallait adjoindre chars démodés (Renault FT-17 et Char 2C) et chenillettes de transport et ravitaillement. En outre de septembre 1939 à mai 1940, nouveaux blindés (dont chars ; 314 lourds) avaient été produits ; mais il faut dire qu'une grande partie avait été soit livrés à d'autres États (264), Turquie et Roumanie par exemple, soit n'étaient pas complètement achevés et demeuraient encore au parc du matériel de Gien (environ 700). Quoiqu'il en fut, au 10 mai 1940, la France possédait un minimum de chars modernes, sans compter plusieurs milliers d'autres véhicules blindés légers, automitrailleuses, chars obsolètes ou chenillettes d'infanterie.

Wehrmacht

(a) ce chiffre ne prend en compte que le nombre d'avions réellement opérationnels
État des forces blindés allemandes' au 1939 et au 10 mai 1940 :

Fall Gelb : les terribles jours de mai 1940

Cartes des fortifications alliées Carte de l'Europe fin 1940

La percée de Sedan

La partie nord de l'offensive, contre la Hollande et la Belgique, progresse rapidement, grâce, en partie, à l'emploi de troupes aéroportées, notamment au fort d'Ében-Émael et au Canal Albert. La Hollande submergée capitule au bout de cinq jours et les troupes allemandes atteignent Bruxelles le 17 mai, et Anvers le 18, tandis que le Grand-duché de Luxembourg est conquis sans combat. Les forces belges tentent en vain de contenir l'ennemi lors de la Bataille de la Lys. Imaginant les Ardennes et la Meuse infranchissables à un groupement motorisé, le commandement français croit avoir affaire à la répétition des plans du premier conflit mondial. Il fait avancer son aile gauche au secours de ses nouveaux alliés, en application d'un plan Dyle-Breda, engageant les meilleures et les plus mobiles des divisions franco-britanniques en Belgique. Mais les Panzerdivisions du général von Kleist créent une surprise stratégique, en attaquant dans le dos de ces unités. Après avoir traversé le Luxembourg, et les Ardennes belges – non sans s'être heurtées à une assez forte résistance d'une cinquantaine d'hommes des Chasseurs ardennais à Bodange (non touchés par l'ordre de repli donné par l'armée belge en accord avec l'état-major français) et des troupes de couverture françaises, elles attaquent le front français sur la Meuse, près de Sedan. Cette partie du dispositif allié est tenue par des unités de série B, souvent incomplètement équipées. Le 13 mai, les fantassins allemands, sous le couvert d'un bombardement aérien intensif, réussissent à enfoncer le dispositif défensif de la 55 division d'infanterie (général Lafontaine) de la II armée du général Huntziger. Elles exploitent ces gains, malgré une tentative de contre attaque du 231 RI appuyé de chars FCM36. Guderian utilise la tactique du Blitzkrieg qui a été initié lors de l'invasion de la Pologne au début du conflit en septembre 1939. Le haut commandement allemand, s'attendant à une contre-attaque française qu'il considère inévitable, tente à maintes reprises de ralentir la progression vers l'ouest, au travers du dispositif français. Mais les commandants des panzerdivisions désobéissent et poussent toujours plus à l'ouest. Ils atteignent la mer le 20 mai. Le haut commandement allemand vit alors des journées d'angoisse à l'idée d'une vaste contre-offensive stratégique sur les flancs de la percée, pensant tomber dans un piège. Hitler ne peut pas imaginer que Weygand, succédant à Gamelin, a reporté de trois jours la contre-offensive prévue. Le 31 mai les Allemands réduisent la poche de Lille. La seule grosse alerte vient de la 4 DCR commandée par le colonel de Gaulle, qui s'enfonce quelques jours dans le flanc de la progression allemande, mais le succès n'est pas exploité, faute de soutien logistique et de renforts. Le commandement français est abasourdi par la rapidité manœuvrière de l'armée allemande et reste sans solution devant les progrès quotidiens de l'ennemi. Les unités françaises restantes sont envoyées en ordre dispersé, dans des contre-attaques locales sans réel plan d'ensemble, du fait de la nature extrêmement mouvante de la situation. Pourtant, les troupes françaises se sacrifient avec cent mille morts en six semaines de combats.

Le tournant de Dunkerque

Prisonniers de guerre britannique n'ayant pas eu le temps d’être rapatriés Les forces de l'aile gauche française et le corps expéditionnaire britannique, sont alors enfermées dans une poche autour de Dunkerque (Nord de la France) et contraintes au rembarquement. Il faut le sacrifice d’une division d’infanterie française qui se fait littéralement tuer sur place, luttant à un contre quatre durant plusieurs jours jusqu'à épuisement des munitions, appuyée par l'infanterie britannique et la RAF qui aussi souffert que l'armée de l'air française dans cette bataille Le peuple du Désastre, Henry Amouroux, 1976, ISBN 2724221095 , p. 91 , pour permettre l’évacuation de trois cent quarante mille hommes, Britanniques et Français, dans des conditions épouvantables. L'armée belge, elle, capitule le 28 mai.

Fall Rot : l'invasion de la France

Le 6 juin, l'offensive reprend alors vers le sud avec une supériorité numérique écrasante et malgré une résistance héroïque de certaines unités françaises, l'avance allemande est très rapide. Les forces allemandes arrivent au bord du Cher ("frontière" de la future ligne de démarcation). Le 10 juin, l'Italie déclare la guerre à la France mais son offensive est bloquée dans les Alpes.

L'effondrement et la demande d'armistice

Le 14 juin, les blindés atteignent Paris déclaré ville ouverte et le 22 juin, la France signa l'armistice à Rethondes, dans la forêt de Compiègne. Après cette catastrophe, et malgré la signature de l'armistice, les soldats de la ligne Maginot poursuivirent la lutte, estimant n'avoir pas été vaincus, et pour certains jusqu'à la mi-juillet. L'armée des Alpes n'a de son côté pas failli, en repoussant assez facilement tous les assauts de l'armée italienne jusqu'aux derniers jours de combat. La plus grande partie de la France est occupée par les troupes allemandes, le pays est divisé en une zone occupée et administrée militairement par l'Allemagne (nord, ouest et sud-ouest), et en une zone libre (centre et sud) qui est administrée par le gouvernement de Vichy du maréchal Philippe Pétain.

L'armistice

Dès que la décision de demander l'armistice fut prise par le nouveau gouvernement Pétain, le 17 juin, chacun s'attendit au pire. Il suffisait de se rappeler les conditions drastiques, pour ne pas dire humiliantes, qui avaient accompagné l'accord français fait aux plénipotentiaires allemands de novembre 1918, pour envisager une terrible réaction des autorités du III Reich. Il en allait tout autrement pour la France de juin 1940 : non seulement les armées alliées avaient été détruites ou capturées, mais encore, prés des deux-tiers du territoire national était occupé par la Wehrmacht. L'armistice laisse de côté la flotte française, accepte l'existence d'une "Zone libre" possédant son propre gouvernement indépendant et son armée réduite à 100 000 hommes (comme l'armée du traité de Versailles) et allèrent même jusqu'à obliger leur allié italien à retirer certaines de leurs exigences, particulièrement celles concernant la flotte et la Tunisie. Il est vrai qu'une telle attitude ne devait point durer et que beaucoup dans le gouvernement du nouvel État français, élu le 10 juillet 1940, durent vite déchanter au vu des nouvelles exigences allemandes : de francs par jour pour les frais d'entretien des troupes d'occupation, taux de change forcé entre le reichsmark et le franc, qui permit aux divers services économiques de l'administration militaire et de la SS d'entreprendre un pillage systématique de la France, sans parler des commissions d'armistice qui imposèrent des limites très strictes à la théorique autonomie des autorités de Zone libre et des conditions "contraires à l'honneur" concernant des réfugiés antinazis. Paradoxalement, et avant qu'un tel état de chose n'empire, c'est l'opération Catapult, menée en juillet 1940, en vue de neutraliser définitivement le risque que représentait la flotte française, et qui aboutit au désastre de Mers-el-Kébir, qui devait amener les autorités allemandes à plus de souplesse dans leur relation avec le gouvernement Pétain, allant jusqu'à envisager à la demande de celui-ci une politique de collaboration. Hitler et les officiers nazis se recueillant devant la statue du Maréchal Foch, avant d'entrer dans le Wagon où va être signée l'armistice de 1940. Afin de signer l'armistice Hitler a fait retirer le wagon de l'armistice de 1918 du musée où il était exposé et le remis dans la forêt de Compiègne (au même endroit que le 11 novembre 1918). Le jour de l'armistice, Hitler arriva en retard. À son arrivée, l'hymne allemand fut joué. Il alla s'asseoir à la même place que celle du maréchal Foch en 1918. L'armistice signé, Hitler sortit du wagon et alla voir la statue du Maréchal Foch où à ses pieds, il y avait un aigle allemand térrassé et une inscription "
L'orgueil allemand brisé en ce lieu". Hitler rit.

Les raisons de la défaite française

Parade nazie sur l'avenue Foch déserte (1940) En dépit d'une idée courante, l'armée française était loin d'être inférieure à l'armée allemande en qualité et en quantité, exception faite des domaines de l'aviation et de la défense antiaérienne. Le ciel n'est cependant pas vide, comme il a souvent été dit, même si les chasseurs français vraiment capables de rivaliser avec leurs homologues allemands sont encore trop peu nombreux au sein des unités, comme le Dewoitine D520, avec seulement trente-six exemplaires. Cependant, les aviateurs et la défense antiaérienne parviennent à des résultats: 20% des Messerschmitt-109 alignés en avril 1940 ont été abattus.L'artillerie française, contrairement au premier conflit mondial et à la guerre de 1870-1871, n'a rien à envier à son homologue allemande. Malgré un mythe répandu, les panzers de la Wehrmacht n'ont rien d'invincibles en eux-mêmes, bien au contraire. La France dispose des SOMUA S35 et les B1/B1 bis qui sont parmi les plus puissants chars d'Europe. Leur blindage résiste à tous les canons antichars allemands de l'époque, ainsi qu'aux canons des Panzer II, III et Panzers IV et leur armement surpasse celui de la majorité des panzers. S'il est vrai que la majorité des chars en service sont des blindés légers, c'est également le cas dans les divisions blindées allemandes, où le char le plus puissant, le Panzer IV, seul capable de rivaliser avec les chars Somua S-35 et B1 bis français, ne représente qu'environ 10 % des blindés en service.
Alors pourquoi la France a-t-elle été vaincue si rapidement en 1940 ? Au niveau tactique, principalement en raison de la doctrine d'emploi des armes, en particulier des blindés. Alors que les panzers allemands sont regroupés au sein de dix divisions très autonomes et cohérentes, d'environ 250 blindés soutenus par de l’infanterie, du génie et de l’artillerie motorisés, plus des deux tiers des quatre mille deux chars français sont répartis en Groupements de bataillons de chars d'une centaine d'engins aux diverses armées, sans aucune autonomie opérationnelle, ni appui. Pour l'état-major français de l'époque, le blindé reste principalement, comme en 1918, un élément d'accompagnement et de soutien de l'infanterie. Les chars français sont donc conçus en conséquence et, en dépit de leur blindage et de leur armement supérieur, souffrent de nombreuses lacunes par rapport aux allemands. L'absence quasi totale de système de communications radiophoniques, par ailleurs, les rares disponibles sur les chars lourds tombent bien souvent en panne, en comparaison tous les chars allemands disposent de radios modernes et fiables. Une autonomie réduite toujours du fait de leur conception en tant que soutien d'infanterie, qui se combine avec la faiblesse du système de ravitaillement en carburant. On note aussi la prédominance de tourelles monoplaces où le chef de véhicule est surchargé. D'une certaine façon, le pire côtoie le meilleur. On voit néanmoins, des succès francs, voire retentissants, comme à Stonne, avec plus de 100 chars allemands détruits, dont douze par un seul char B1 bis, ou encore Hannut et Montcornet. Mais les chars français ont cependant peu d'opportunités de montrer leur supériorité, et ne peuvent influer sur le cours des évènements, car la guerre menée par les Allemands va plus vite qu'eux. Si l'emploi combiné de l'aviation et des blindés explique en partie la défaite française, elle est insuffisante à elle seule. Élaborée et mise en pratique sur le plan tactique par les Allemands lors de la campagne en Pologne en 1939, son efficacité contre l’armée française était encore sujette a caution au sein du commandement allemand avant le déclenchement des opérations. Même si elle y reçoit un écho peu favorable, en raison du conservatisme idéologique de l'état-major, elle est connue aussi en France et pourrait être appliquée, par certains de ses théoriciens, comme le colonel Charles de Gaulle. La France dispose alors de sept divisions blindées : les 1, 2 et 3 divisions légères mécaniques et 1, 2, 3 et 4 divisions cuirassées. Certes, les deux dernières ont été constituées un peu à la hâte après le début du conflit, mais la plupart sont plus puissantes que leurs équivalentes allemandes, même si elles sont un peu moins bien organisées. Cette idée d'une tactique allemande irrésistible, la blitzkrieg, semble avoir été mise en avant après la défaite, pour minimiser la responsabilité des chefs militaires français, dans la débâcle française, leurs erreurs sur le plan stratégique ayant été nombreuses et graves ; dés le procès de Riom, les autorités vichystes qui ont à juger les "fautifs" de la grande débâcle du printemps 40 vont jusqu'à avancer les chiffres (pour le moins fantaisistes) de chars et de plus de avions mis en ligne par la Wehrmacht. Une manipulation arithmétique bien dérisoire pour cacher une réalité bien plus simple et bien plus prosaïque. Les historiens, en particulier anglo-saxons, tels Kenneth Macksey ou John Keegan portent aujourd'hui un regard neuf sur cet épisode historique, et remettent de plus en plus en cause la supériorité allemande. Les historiens allemands font de même comme Karl-Heinz Frieser qui, quand il rend compte du transfert quelques mois avant 1940 des moyens motorisés de très nombreuses divisions allemandes aux seules divisions chargées d'appliquer le plan d'Hitler, use de cette métaphore : L'armée allemande ressemblait à une lance avec une pointe d'acier trempé, dont le manche, en bois, paraissait d'autant plus pourri qu'il était long Pourtant cette pointe d'acier porta un coup mortel aux Alliés. 'Le mythe de la guerre-éclair. La campagne de l'Ouest de 1940, Belin, Paris, 1995, pp. 47-48 On peut s'interroger sur la possibilité qu'avait la France de continuer la lutte. Il faut souligner que les forces allemandes ont subi des pertes journalières supérieures à celles observées dans l'opération Barbarossa et qu'elles étaient dans une situation périlleuse sur le plan logistique lors de l'Armistice. Un rapport de Guderian transmis à l'OKH début octobre 1940 indique que les forces allemandes engagées en France avaient besoin de 4 à 6 semaines d'arrêt avant de reprendre l'avancée vers le sud.
- État du carburant : 15 % des besoins.
- État des munitions : 17 % des besoins.
- État des transport par camions : 25 % à 30 % du nombre requis. Dans ces conditions, plusieurs historiens estiment que l'on aurait pu ralentir l'avance allemande suffisamment longtemps pour que les forces françaises puissent se replier en Afrique du Nord avec une marine intacte.

Chronologie


- Le 10 mai 1940, l'armée allemande lance une offensive sur le front ouest, avec 141 divisions, 2 flottes aériennes comprenant presque avions et 1 corps de blindés. La Hollande capitula au bout de cinq jours, les troupes allemandes se trouvèrent à Bruxelles le 17 mai, puis à Anvers le 18. Pendant ce temps, la division de blindés du général von Kleist avançait au Luxembourg et traversait la Meuse, près de Sedan.
- Le 13 mai : la campagne de France était pratiquement jouée.
- Le 20 mai, les blindés allemands approchaient d'Abbeville.
- Le 28 mai, l'armée belge capitula, les troupes britanniques étaient concentrées à Dunkerque d'où elles furent évacuées par la mer.
- Le 6 juin, les blindés allemands continuaient leur marche victorieuse vers le sud. L'armée française en pleine déroute ne fut pas en mesure de contenir l'attaque : le 14 juin, les blindés atteignirent Paris.
- Le 22 juin, la France signa l'armistice à Rethondes, dans la forêt de Compiègne. La plus grande partie de la France resta occupée par les troupes allemandes. Le pays fut ensuite divisé en une zone occupée militairement et en une zone libre administrée par le gouvernement de Vichy du maréchal Philippe Pétain.

Voir aussi

Références

Bibliographie

- Ward Rutherford (trad. François Lourbet),
La Bataille de France
, E.P.A., Paris, 1980
- Lt-Col. Eddy Bauer, Col. Rémy, Les terribles journées de mai 1940, Christophe Colomb, Glarus, 1984
- Marc Bloch, L'Étrange Défaite, 1940, Franc-tireur, Paris, 1946
- Lt. Robert M. Gerard, Tank-Fighter Team, Washington, 1943
- Jacques Benoist-Mechin, Soixante jours qui ébranlèrent l'Occident , Robert Laffont, 1981,
- Commandant Pierre Lyet, La Bataille de France, mai-juin 1940, Payot, Paris, 1947
- Maier et al, Germany and the Second World War, vol.2, Oxford, 1994
- Dear et al, the Oxford companion to the Second World War, Oxford, 1995
- Gilbert Foël, Les "miracles" de 40, éd. Salvador, Paris, 1998
-Mai-juin 1940, Défaite française, victoire allemande sous l'œil des historiens étrangers, Autrement, Paris, 2000 . Version courte (minimaliste) dans Historia, juin 2005, p.46-48.
- Dominique Lormier, Comme des lions, le sacrifice héroïque de l'armée française, éd. Calmann-Lévy, Paris, 2005
- Colonel Alerne, Les causes militaires de notre défaite, Publications du Centre D'études de l'agence "Inter-France", 1941
- Jon Kimche, 1939 la bataille escamotée, Fayard
- Karl-Heinz Frieser, Le mythe de la guerre éclair, 479 p., Belin, 2003, ===
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